Haut-Uélé: Une ONG dénonce le non respect des textes, du circuit normal dans l’exploitation et la vente de l’or

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Dans un rapport sur l’état de lieu de l’exploitation artisanal de l’Or dans le Haut-Uele publié le jeudi 23 janvier, les Réseau Environnementaliste et Communicateurs des Ressources Naturelles (RECOREN-RDC) affirme que la vente de l’or artisanal de la province du Haut-Uélé ne suit pas le circuit normal.  Il n’y a aucune traçabilité, et cela, au détriment du trésor Public.

L’ONG révèle que la majorité des agents des services étatiques affectés sur des chantiers miniers, consacre tout leur temps à collecter des taxes plutôt qu’à assister techniquement les creuseurs. Ces services étatiques ne contrôlent donc pas toutes les activités liées à l’exploitation de l’or sur toute l’étendue de la province.

Ces services étatiques ne maîtrisent même pas le nombre exact des puits en cours d’exploitation causant un manque à gagner à l’Etat.  Généralement en qui concerne l’exploitation à ciel ouvert de l’extraction de l’Or, les coopératives minières ne font pas appel aux experts par crainte de dépenses inutiles, souligne le rapport. 

Les femmes exposées aux produits chimiques

Selon ROCEREN-RDC, dans des sites d’exploitation de l’or artisanal, on rencontre de plus en plus des femmes qui entreprennent des activités commerciales informelles. Elles sont aussi embauchées pour des tâches connexes à l’orpaillage comme le transport d’eau et de pierres après la procédure de creusage, pour piler, nettoyer et tamiser le minerai. De fois, ces tâches sont réservées aux filles ou à la femme parfois même enceinte exposé produits chimiques.

« Plusieurs d’entre elles travaillent comme tenancières des restaurants populaires appelées « mamans restaurants » (S4) et se font aider par des filles qui sont employées dans les bars et les restaurants destinés à la communauté minière. Ces filles, âgées de 10 à 12 ans, travaillent jusqu’à 12 heures par jour. Et dans beaucoup de cas, ce travail peut mener à la prostitution ou aux abus sexuels imposés par des clients ou des employeurs, s’inquiète cette ONG. 

Par ailleurs, il faut souligner que les enfants de leur côté, accompagnent leurs mères ou y vont par leur propres gré pour la survie ou recherchent des revenus pour soit payer les frais de scolarité ou pour la survie. A l’âge de 10 à 15 ans, ces enfants sont exposés à des travaux lourds, sous-produits chimiques et non-respect des heures de travail.

Sans pour autant connaître la nature de la roche qui encaisse le filon, les propriétés hydrogéologiques du terrain, les propriétés mécaniques du terrain, les creuseurs se mettent à créer des galeries avec pour mission « le filon ». Comme conséquence, de novembre 2018 jusqu’à fin juillet 2019, 15 cas d’accidents ont été signalés, dont 7 cas mortels.

Des défis importants à relever

Les Réseau Environnementaliste et Communicateurs des Ressources Naturelles (RECOREN-RDC) note des défis liés à la légalité des sites qui ne sont pas qualifiés et validés. Il relève aussi que les coopératives minières ont peu des données sur la production, et celles qui existent sont peu fiables ; l’inexistence d’un répertoire fiable des opérateurs miniers artisanaux; il note enfin la difficulté de contrôler la chaîne de production aurifère.

Il y a également des défis liés à l’organisation des travaux. Dans son rapport, RECOREN a pu noter le nombre insignifiant des agents étatiques sur terrain capables d’apporter une assistance technique aux creuseurs; la faible assistance technique des creuseurs artisanaux; le non-respect par les exploitants artisanaux des normes de la protection de l’environnement minier ; les éboulements dus au dépassement de la profondeur légale d’exploitation minière artisanale.

Pour sortir de l’impasse, le RECOREN propose à court terme, lidentification de tous les orpailleurs de la province ainsi que l’organisation des ateliers et séminaires de formation et de sensibilisation à leur égard dans tous les Territoires.  Elle invite le Ministère provincial des Mines à prendre une circulaire sur le respect de la profondeur légale des nouveaux et des normes environnementales; la création à travers un arrêté provincial des centres de négoce pour la réglementation des achats et ventes de l’or issu de  l’artisanat en province afin de permettre à la province de bien taxer.

 afi’du

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