RDC: Corneille Nangaa a utilisé des sociétés écrans pour détourner les fonds destinés aux élections de 2018 (Rapport)

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Photo: Corneille Nangaa, Président de la CENI

L’organisation non gouvernementale américaine The Sentry a publié ce mardi 26 janvier 2021 un nouveau rapport, qui fait état de la corruption organisée à la commission électorale nationale indépendante (CENI). Son président, Corneille Nangaa est accusé par les enquêteurs d’utiliser des sociétés écrans pour détourner les fonds destinés aux élections.

“En janvier 2018 deux sociétés, dont l’une était détenue par de futurs associés du président de la commission, Corneille Nangaa Yobeluo, ont décroché ce contrat d’une valeur de plusieurs millions de dollars. Ce contrat pour éliminer les doublons parmi les dizaines de millions d’inscriptions sur le fichier électoral congolais a été attribué sans appel d’offres à d’autres compagnies”, soulignent les enquêteurs. 

Le rapport précise que ces sociétés sont notamment UAB Neurotechnology, une société de biométrie, et l’entreprise congolaise Bravo Tozali Compagnie SARL (BTC). Les deux sociétés avaient formé un groupement pour répondre à une lettre d’intention de la Ceni en vue de décrocher un contrat de 8,4 millions USD pour supprimer les doublons du fichier électoral, selon des documents consultés par The Sentry.

Nangaa, un opérateur économique ?

En février 2019, peu après l’annonce des résultats des élections, le député national Abotome s’est associé à Corneille Nangaa et d’autres investisseurs pour créer la société d’exploration minière General Resources and Services SARL, comme l’attestent plusieurs documents, consultés par The Sentry. “Trois autres sociétés détenaient la GRS lors de sa création : le Domaine agro-pastoral des Uélés SARL (DAU), BTC Mining and Services SARL (BMS) et la Société coopérative Grand Katanga pour le développement SARL”, poursuivent les mêmes documents.

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Selon l’équipe des enquêteurs, le DAU était propriétaire de 64,7% des parts et la BMS de 15,4% des parts. La SCGKD, une société contrôlée par l’homme d’affaires Jean Paul Kaduwa, possédait le reste. “Le DAU appartenait à part entière à M. Naanga et à son épouse, Yvette Lubala Nazinda”.

D’après le protocole d’accord entre le DAU, la BMS et la SCGKD, ces trois entités ont formé la GRS pour « l’exploration et l’exploitation d’éventuels gisements miniers » dans des zones d’exploitation artisanale couvrant un peu plus de neuf kilomètres carrés du territoire de Kambove dans le Haut-Katanga, province riche en cuivre et en cobalt.

« Le DAU, contrôlé par M. Nangaa et son épouse, a accepté de verser 400.000 dollars en guise de pas-de-porte à la SCGKD, qui était titulaire des zones minières ». La BMS a reçu 15% des parts de la GRS en échange des services de forage et de terrassement qu’elle s’est engagée à fournir, d’après M. Abotome. D’après ce dernier cité dans le rapport, leur valeur s’élèverait entre 50.000 et 60.000 dollars. 

Cependant, lorsqu’il apparut peu après que M. Nangaa faisait l’objet de sanctions américaines, les associés de la GRS ont renoncé au projet, a affirmé l’ONG dans son rapport.

Valery Bakutweni

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