RDC-gouvernance budgétaire: Tshisekedi égale Kabila, révèle l’ODEP dans un rapport

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Photo: Félix Tshisekedi et Joseph Kabila

Le rapport d’étude publié ce lundi 4 janvier 2021 par l’Observatoire de la dépense publique (Odep) met au grand jour la mauvaise gouvernance du régime de l’ex-président Kabila et celui de Tshisekedi. Cette étude s’intéresse à l’exécution des budgets 2017-2019 des secteurs pro-pauvres à savoir : l’éducation, la santé, l’agriculture, les infrastructures et le genre.

Faisant un projecteur sur les recettes mobilisées au cours de la période de 2017-2019, elles se situeraient autour de 18.6660,5 milliards comparées aux prévisions de CDF 23.946,6 milliards. Il se dégage une moins-value globale de CDF 5.286,0 milliards.  Les dépenses exécutées au cours de la même période sont de 19.340,1 milliards CDF comparées aux  prévisions de CDF 23.946,6 milliards. Le crédit disponible se dégage autour de 4.606,5 milliards de francs congolais, révèle l’étude.

Dans l’exécution de ces budgets, certaines rubriques ont connu un dépassement des prévisions au courant de la période. Il s’agit des frais de fonctionnement (235,83%) et de rémunération (soit 101,44%). La Présidence de la République, la Primature, l’assemblée nationale, le secrétariat du gouvernement,… sont restées en dépassement durant toute la période, indique l’ODEP.

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Il faut rien attendre de l’union sacrée

Les rubriques dépenses urgentes et dépenses exceptionnelles ont été respectivement exécutées à hauteur de CDF 3.466,2 milliards et de CDF 685,9 milliards. Elles représentent 17,92 % et 3,55 % des dépenses totales de la période. 

“Si la proportion des dépenses exceptionnelle est encore acceptable (3,55%), celle des dépenses urgentes impose de réflexion et suscite beaucoup de crainte; car elle parait énorme et préjudiciable à la réalisation des objectifs du Plan de Développement en général et particulièrement ceux des secteurs pro-pauvres, indique le rapport de l’Odep.

Pendant Joseph Kabila tout comme à l’ère Tshisekedi l’évaluation des dépenses publiques de base des secteurs révèlent que les engagements budgétaires se présentent en moyenne comme suit, sur la période 2017-2019 : éducation : 11,14% ; santé : 8,69% et agriculture : 6,72%. Les dépenses  exécutées de salaire et de fonctionnement sont de 125,36 milliards de CDF contre les prévisions de 286,3 milliards de CDF, soit un taux de 43,79%. Les dépenses exécutées des investissements sont de 124,2 milliards de CDF contre les prévisions de 1643,0 milliards de CDF, soit un taux d’exécution de 7,56%.

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Les régimes se succèdent, mais la mauvaise Gouvernance et Empire se maintiennent au mépris de l’éradication de la pauvreté et de la lutte pour le développement et la transmission sociale, a-t-il poursuivi. Face à cette manière de gérer, l’Observatoire de la dépense publique  plaide pour une voie de développement endogène. “Cette voie ne vise pas seulement la croissance économique  plus forte, mais exige un développement qui répond à des valeurs communes, à une inspiration, à des espoirs et des besoins partagés où se reconnaîtrait l’ensemble des collectivités qui puissent mobilisées ses volontés, ses énergies et ses imaginations rassemblées’’.

Par ailleurs, l’ONG précise que toute agitation politicienne actuelle est nulle, si on n’arrive pas à mobiliser 2 milliards USD de recettes publiques en 2021. Car la tendance des détenteurs du pouvoir est de marginaliser les réformes urgentes.

Olivier Masini 

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