RDC-Ouganda: des chinois se lancent dans le commerce des pénis d’éléphants pour alimenter la médecine traditionnelle

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L’appétit massif de l’Asie pour la faune africaine a permis à ce commerce illégal de se poursuivre sans relâche, même pendant les verrouillages de la pandémie de coronavirus. La demande tant pour les produits traditionnels de la faune (comme les écailles de pangolin) que pour les produits émergents (comme les pénis d’éléphants) a continué comme en témoignent de nombreux chercheurs.

Selon Mohamed Daghar, chercheur au projet ENACT, le pénis d’éléphant est un produit rare sur le marché asiatique. 

« En mai 2020, quatorze ressortissants chinois ont été arrêtés en Ouganda en possession de 10 pénis d’éléphants d’une valeur de plus de 4,5 millions de dollars, de six tortues et d’un demi-kilogramme d’écailles de pangolin, d’une valeur totale estimée à 8 000 dollars », a-t-il souligné dans une étude publiée sur le site de Enact africa. Une organisation africaine qui travaille pour améliorer la sécurité humaine en fournissant des recherches faisant autorité, des conseils d’experts sur les politiques et le renforcement des capacités.

En plus d’être un pays d’origine, l’Ouganda est également un nœud de transit et un centre logistique régional pour le commerce des espèces sauvages illicites d’Afrique centrale, principalement le parc national de la Garamba en République Démocratique du Congo.

Rappelons au passage que le Parc national de la Garamba abrite quatre plus grands mammifères terrestres du monde. Il s’agit de l’éléphant, le rhinocéros, la girafe et l’hippopotame. La population de rhinocéros blanc du nord est la dernière population survivante de cette sous-espèce. De plus, la sous-espèce de la girafe congolaise est également endémique au parc.

Les marchés humides en Chine étant considérés comme à l’origine de la transmission du COVID-19, le gouvernement chinois a pris des mesures pour modifier sa politique commerciale d’espèces sauvages.

Toutefois, le commerce d’espèces en danger constituerait une manne de 7 milliards de dollars annuels, que les trafiquants de tous horizons, mafia ou triades chinoises contrôleraient en majorité, révèle une étude de l’initiative mondiale contre la criminalité transnationale. Certains sont recherchés pour leurs vertus « sexuelles », surtout dans les pays asiatiques, la Chine en tête où, selon la médecine traditionnelle, il n’y a pas meilleur remède pour revigorer un homme.

Valéry Bakutweni

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