RDC: le patronat estime que les revenus miniers encaissés sont faibles, l’application intégrale du nouveau code pourrait inverser la tendance

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Photo: Albert Yuma, Président national de la Fec

Que gagne réellement la République démocratique du Congo dans le secteur minier? La question a été évoquée par le président national de la fédération des entreprises du Congo (Fec) dans son message de vœux aux corps constitués, le 25 février à Kinshasa.

“L’exploitation artisanale illicite, notamment du cobalt mais également du coltan, du diamant ou de l’or échappent en tout ou partie aux circuits légaux d’exportation et enrichissent les pays voisins”, explique Albert Yuma. 

Selon plusieurs rapports des ONG et des Nations Unies, le pays perd des centaines de millions de dollars suite à l’exploitation illicite de l’Or dans les zones de conflits, dans les provinces de l’est. Ce minerai est exporté en contrebande à Dubaï lieu de commercialisation, en passant par les pays voisins.

“Les pertes sont évidemment immenses pour l’Etat en termes économiques, financiers et de réputation, et les conséquences pour les populations concernées sont dramatiques en termes de conditions de vie, de travail et de revenus”, regrette Albert Yuma. Car, la chaîne d’approvisionnement n’est pas suffisamment sécurisée.

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Le paradoxe congolais

“J’ai lu que l’Etat bénéficierait de 1,39 milliards de dollars de recettes cette année, mais pour quelle valeur d’exportations ? 15 milliards au minimum, quand on ne compte que le cuivre et le cobalt. Est-on vraiment sérieux alors qu’on parle des deux métaux sans lesquels la révolution mondiale de la mobilité électrique ne pourra advenir”, s’interroge Albert Yuma.

Le président national de la Fec ne va pas sur quatre chemins, il demande à l’Etat d’arrêter  de continuer à exporter des concentrés pour que la valeur ajoutée ne soit faite en dehors du pays. Il plaide pour que le code minier soit appliqué dans toutes ses dimensions et que l’Etat prenne ses responsabilités en matière minière en rééquilibrant les relations avec ses partenaires.

Bien que qualifié par certains de nationaliste, le patron de la Fec ne comprend pas le paradoxe congolais. Alors que le pays est un scandale géologique. Il s’insurge par le fait que l’économie minière a été transférée depuis l’année 2000, une situation à la base des insuffisances des recettes du secteur. 

“Les revenus pétroliers de l’Arabie Saoudite sont de 243 milliards de dollars sur un PIB de 750 milliards et une population de 33 millions d’habitants, alors que les revenus de nos mines seront de 1,3 milliards cette année pour l’Etat pour une population de 90 ou 100 millions d’habitants. Est-ce bien raisonnable de penser que la valorisation de notre patrimoine naturel pourrait constituer à lui seul notre potentiel de sortie, surtout quand il est exploité par d’autres aux conditions que nous connaissons”, se demande-t-il.

Valéry Bakutweni

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