Vodacom RDC: Quand l’immobilisme technologique freine l’inclusion numérique

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En République Démocratique du Congo, l’accès au numérique reste un défi de taille. Tandis que plusieurs pays africains connaissent une avancée technologique rapide, Vodacom RDC, pourtant acteur historique du secteur télécom, semble stagner. Cette perception d’immobilisme, de plus en plus partagée par les utilisateurs, alimente un malaise profond au sein d’une population avide de connectivité fiable, abordable et moderne.

Une frustration croissante du public

Pour de nombreux Congolais, le constat est sans appel : lenteur de l’Internet mobile, instabilité du réseau, coûts de communication élevés, applications peu fluides… L’irritation monte, notamment chez les jeunes entrepreneurs, les étudiants et les PME qui dépendent d’une connexion stable pour innover, travailler ou se former. Plusieurs clients sollicitent le service e-SIM, mais sans aucune suite, alors que d’autres réseaux en proposent déjà.

Cette impression de retard technologique contraste avec les ambitions affichées par Vodacom RDC. Présente depuis plus de 20 ans, la société revendique plus de 21 millions d’abonnés et une volonté de se positionner comme un acteur digital inclusif. Pourtant, les résultats sur le terrain peinent à convaincre.

Une réalité complexe : entre ambitions et contraintes

Malgré cette image d’inertie, Vodacom RDC a initié plusieurs projets structurants. L’entreprise s’est engagée à développer des sites solaires dans les zones rurales, en partenariat avec Orange, avec un objectif de 2 000 antennes partagées. Ce programme vise à combler la fracture numérique dans les régions enclavées.

En parallèle, la société soutient des initiatives de formation numérique (Kinshasa Digital Academy), de finance mobile (Vodacash), et d’inclusion (projets pour les femmes et les personnes handicapées).

Mais ces efforts sont freinés par un contexte national défavorable : taxation lourde, infrastructures énergétiques défaillantes, étendue géographique du pays. En 2022, les opérateurs télécoms ont accepté de verser collectivement plus de 585 millions USD à l’État jusqu’en 2030, limitant ainsi leur marge d’investissement dans les infrastructures.

L’urgence d’une relance stratégique

À l’heure où le numérique devient un moteur essentiel de développement, Vodacom RDC ne peut plus se contenter de petites avancées. Il est impératif de rétablir la confiance avec les consommateurs à travers :

  • Une amélioration visible de la qualité du service (vitesse, couverture, support client) ;
    Des offres data plus accessibles pour les jeunes et les zones rurales ;
  • Une communication plus transparente sur les projets en cours et à venir.
  • Par ailleurs, l’État congolais doit jouer son rôle de facilitateur, en réduisant la pression fiscale sur le secteur et en favorisant les partenariats public-privé pour le déploiement des réseaux.
  • Pour une téléphonie réellement inclusive
  • Si elle veut rester compétitive dans un marché en mutation, Vodacom RDC doit accélérer sa transformation vers un acteur véritablement technologique. Cela passe par l’adoption massive de la 4G, la préparation de la 5G, le soutien à l’entrepreneuriat numérique local et l’écoute des revendications des usagers.
  • Dans un pays où près de 70 % de la population a moins de 25 ans, l’accès au numérique n’est pas un luxe, mais un droit fondamental. Vodacom a les moyens – et la responsabilité – d’en faire une réalité.
  • L’heure n’est plus à la communication institutionnelle. Le public attend des actes. Pour que la RDC entre pleinement dans l’ère numérique, tous les acteurs doivent avancer de concert. Vodacom RDC en tête.
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