RDC: Tshisekedi veut sécuriser les fonds du Conseil congolais des batterie pour accélérer la transformation industrielle

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A cross section of a lithium battery pack in an exhibition area during a media tour at the Tianneng Battery Group Co. facility in Huzhou, Zhejiang province, China, on Wednesday, April 14, 2021. Tianneng Battery Group researches, designs and produces new energy vehicle lithium batteries and automobile start stop batteries. Photographer: Qilai Shen/Bloomberg

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a décidé de placer le financement du Conseil congolais des batteries (CCB) au cœur de l’agenda économique national. Lors de la 78e réunion du Conseil des ministres du 13 février 2026, il a exigé la mise en œuvre intégrale du mécanisme de financement prévu par le décret fondateur de cette structure stratégique, considérée comme un levier clé pour sortir la RDC d’un modèle minier essentiellement extractif.

Avec plus de 30 milliards de dollars générés chaque année par le secteur minier, la République démocratique du Congo demeure un géant des ressources, notamment en cobalt et en cuivre. Pourtant, la majorité de cette richesse est captée à l’extérieur, faute de transformation locale. Selon des évaluations économiques internationales évoquées en Conseil, l’introduction d’une première étape de transformation industrielle pourrait tripler, voire quadrupler, les recettes issues du secteur. L’enjeu dépasse donc la simple gouvernance administrative : il s’agit d’un basculement stratégique vers une économie à plus forte valeur ajoutée.

Le Conseil congolais des batteries incarne cette ambition. Sa mission est de structurer une filière nationale autour des matériaux précurseurs, des composants de batteries et, à terme, de la fabrication liée aux véhicules électriques. Pour les jeunes entrepreneurs congolais, cela ouvre des perspectives dans la sous-traitance industrielle, la logistique, la recherche et les services techniques spécialisés. Pour l’État, c’est la promesse d’élargir l’assiette fiscale, de créer des emplois qualifiés et de renforcer la résilience macroéconomique face aux fluctuations des cours mondiaux.

Cependant, le Président a déploré que le mécanisme de financement prévu – soit 10 % des redevances minières revenant à l’État – n’ait pas été effectivement appliqué. Ce blocage limite la capacité opérationnelle du CCB et retarde le déploiement de projets structurants. Dans un contexte de compétition mondiale autour des minerais critiques, chaque retard fragilise la position stratégique du pays.

L’initiative bénéficie pourtant d’un soutien régional et international, notamment à travers le protocole d’accord signé en 2022 avec la Zambie et appuyé par les États-Unis, visant à développer une chaîne de valeur régionale des batteries. En exigeant l’application stricte du décret et la sécurisation des ressources du CCB, le chef de l’État envoie un signal fort aux investisseurs, aux institutions et aux partenaires techniques : la transformation locale des minerais n’est plus un slogan, mais une priorité économique nationale.

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