Le Directeur général de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), Étienne Tshimanga Mutombo, a été suspendu à titre conservatoire de ses fonctions par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, à travers un arrêté ministériel signé le lundi 16 février 2026. Cette décision, motivée par des fautes lourdes de gestion, intervient dans un contexte de vives préoccupations autour de la gouvernance des entreprises publiques en République démocratique du Congo.
Au cœur des accusations figure l’installation d’un système informatique parallèle de contrôle des importations et des exportations. Ce dispositif aurait facilité l’usage frauduleux de fausses Attestations de Vérification (AV), documents essentiels dans le dispositif de régulation du commerce extérieur. Selon les éléments avancés, ces pratiques auraient entraîné un manque à gagner évalué à des milliers de dollars américains pour le Trésor public, fragilisant davantage les finances de l’État dans un contexte économique déjà contraint.
L’affaire soulève des questions cruciales sur la transparence, la traçabilité des opérations commerciales et la sécurisation des recettes publiques. L’OCC, organisme à caractère scientifique et technique, joue un rôle stratégique dans le contrôle de la qualité, la conformité des marchandises et la protection des consommateurs. Toute faille dans son système de gestion impacte directement les importateurs, exportateurs, opérateurs économiques et, in fine, les citoyens.
Outre la question du système informatique parallèle, l’arrêté ministériel évoque une gestion chaotique des ressources humaines et financières ainsi que des faits d’insubordination. Les réponses fournies par le Directeur général suspendu n’ont pas convaincu l’autorité de tutelle, qui avait déjà engagé une action disciplinaire. La suspension s’accompagne de mesures administratives et extra-administratives visant également les agents ou cadres présumés complices.
Durant cette période, l’intérim sera assuré par la Directrice générale adjointe, Christelle Mwabulu. Par ailleurs, une commission de redressement sera instituée afin de restructurer l’OCC, avec des missions spécifiques qui seront définies par un prochain arrêté ministériel.
Pour les jeunes entrepreneurs, les acteurs du secteur privé et les partenaires techniques et financiers, cette décision envoie un signal fort : la gouvernance des entreprises publiques reste un enjeu central pour l’amélioration du climat des affaires en RDC. Si cette crise débouche sur une réforme en profondeur, elle pourrait contribuer à restaurer la crédibilité du système de contrôle des importations et des exportations, renforcer la lutte contre la fraude et consolider les bases d’une économie plus transparente et compétitive.



