RDC : les recettes collectées au poste de douane de Kasumbalesa explose de 10.000%, grâce aux nouveaux dispositifs de contrôle

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Photo: Poste frontalier de Kasumbalesa, province du Haut-Katanga

Depuis 2018, le gouvernement provincial du Haut-Katanga a transmis la gestion du poste frontalier de Kasumbalesa à la Direction générale de douanes et accises (DGDA). La Régie financière à son tour, l’a concédé à la société privée “TRAFIGO”, l’administration de ce poste douanier dans l’optique de répondre aux attentes des transporteurs et opérateurs économiques.   

Alors que certaines langues évoquaient une gestion calamiteuse de la douane dans cette frontière, les documents consultés par Tsieleka démontrent   le contraire.

Les recettes issues de la gestion des parkings, de la carte d’entrée et du mini péage ont respectivement augmenté de 100%, 700% et 900% en deux ans. Alors que celles générées par la taxe de désinfection des véhicules en provenance de l’étranger ont explosé à plus de 10.000%, grâce à la numérisation conçue et menée par la société de Magalie Raway, une ancienne employée révoltée par l’ampleur de la fraude au poste frontalier de Kasumbalesa.

La Coordination provinciale du Programme national de l’hygiène aux frontières (PNHF) du Haut-Katanga a mobilisé successivement 15,718 milliards de francs congolais (7 761 975 USD au taux budgétaire de 2025 FC) en 2018; 39,059 milliards de francs congolais (19 288 395 USD) en 2019 et près de 26 milliards de francs congolais (12 839 506 USD) fin juillet 2020 sur des prévisions annuelles de 50 milliards de francs congolais. “Des ressources en hausse de plus de 10.000% comparées aux 2,688 milliards de francs congolais (1 327 407 USD) récoltés en 2017”, explique la même source à Tsieleka.

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Bon comportement de la taxe sur la désinfection des véhicule 

Répondant à la délégation des députés nationaux venus évaluer le partenariat entre ce service du ministère de la Santé et Trafigo, Patrick Ilunga Kabuji, coordonnateur provincial du PNHF dans le Haut-Katanga affirme que les recettes réalisées par le PNHF est une performance exemplaire. 

“Tout ceci grâce au partenariat signé en septembre 2018 avec la société Trafigo pour la numérisation d’un seul acte générateur des recettes sur les 11 recensés, notamment la taxe de désinfection des véhicules chargés en provenance de l’étranger”.

Selon le contrat de partenariat signé entre l’Etat et Trafigo, cette taxe due au PNHF est de 50 dollars. 25 dollars reviennent à l’État via la DGRAD. Dans les 25 dollars qui restent, Trafigo a droit à 20%, soit 5 dollars. Le reste revient à la Coordination provinciale du PNHF/Haut-Katanga par le mécanisme de rétrocession.

Les revenus ainsi rétrocédés permettent à cet important service de l’État de réaliser certains projets propres, notamment la réhabilitation et l’équipement des bureaux sur fonds propres, l’achat des intrants ainsi que l’augmentation des salaires des agents. “Le dernier employé touche aujourd’hui 800 000 francs congolais (395 USD) avec un sac de farine de maïs le mois contre 7.500 francs jadis”, affirment les autorités provinciales.

Un contrôle, qui paie 

Pour lutter véritablement contre la fraude, le coordonnateur du PNHF/Haut-Katanga demande la duplication aux 10 autres actes générateurs des recettes du ressort du PNHF.

En dehors du PNHF, Trafigo a également signé un partenariat avec la DGDA. Ses missions se limitent uniquement à la gestion numérisée des parkings, de la carte d’entrée et du mini péage. “Ces recettes ont connu un taux de réalisation respectivement de 40%, 10% et 20% avec l’aide d’un scanner high tech, qui fouille même dans les eaux”, indique la Coordination PNHF/Haut-Katanga. 

Par ailleurs, la société objet de différents audits concluants prend en charge 500 employés, assure l’acquisition et l’entretien du matériel de surveillance et de monitoring, et paie l’impôt dont 16% de la TVA.

“Trafigo a même posé un geste louable en offrant un Centre Covid19 au poste frontalier de Kasumbalesa, à la grande satisfaction de la Mairie de Lubumbashi alors que d’autres prestataires sous-traitants admis au même poste frontalier ont droit à 70% voire 80% de la part de contrats contre des résultats nuls”, a poursuivi la même source.

Rédaction 

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