RDC: l’IGF à la rescousse de la mauvaise gouvernance

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Les études sur la gestion des finances publiques menées depuis plus de dix ans par des organisations indépendantes ,notamment APNAC (Réseau des parlementaires contre la corruption), ODEP (Observatoire de la dépense publique), PEFA (programme de performance des finances publiques), et basées sur les chiffres officiels du gouvernement démontrent que la violation répétée, depuis des années, des lois et règles qui régissent la gestion des finances publiques est devenu le modus operandi de tous les gouvernements qui se succèdent. Ces études démontrent également sans le moindre doute que la mauvaise gouvernance et la corruption s’aggravent jusqu’à ce jour.

La mauvaise gouvernance est organisée comme un braquage permanent. Comme pour tous les braquages, les auteurs tentent de neutraliser les contrôles. Pour empêcher le contrôle de la comptabilité la solution est simple: on ne tient pas de comptabilité générale ! En effet, contrairement aux lois en vigueur, le gouvernement ne tient pas de comptabilité générale (PEFA 2000).

Le parlement qui est censé exercer un contrôle sur le gouvernement empêche la cour des comptes de faire son travail et bloque la loi sur la liberté d’accès à l’information depuis plus de cinq ans. 

C’est dans ce contexte, que l’Inspecteur général des finances, Jules Alingete qui, reconnaissons-le, a remis l’IGF au travail pour la première fois depuis 30 ans et a ainsi fait naître un espoir de meilleure gouvernance (même si les avis sur son efficacité sont partagés) vient de faire des affirmations qui relèvent plus de la propagande de l’indiscipline budgétaire que de l’avis indépendant qu’on attendait de lui. Il apporte ainsi de l’eau aux moulins de ceux qui contestent son impartialité. 

L’Inspecteur général considère les dépassements budgétaires, qui en RDC sont hors normes souvent de plus de 100% et comme « urgences » exécutées en toute opacité en violation des règles et sans le moindre contrôle comme des actes « normaux » et « légaux ». Il évite soigneusement de parler des conséquences dramatiques pour les secteurs sociaux au détriment desquels ces dépassements se font. Il reste également silencieux sur les nombreuses autres violations des lois par ceux qui gèrent les finances publiques et qui sont mises en évidence et répétées depuis plus de dix ans par des organisations indépendantes.

Il se décrédibilise un peu plus, en traitant ceux qui portent des critiques sur la gestion des finances publiques d’incompétents en matière économique et fiscale.

Sentant la faiblesse des arguments de l’IG, le ministre des Finances,  est venu lui prêter main forte en tentant de justifier «l’urgence» par des motivations de sécurité et de souveraineté en d’autres termes « circulez il n’y a rien à voir ».

En réalité, ces interventions de l’Inspecteur général et du ministre des Finances ne doivent être saluées. Ils démontrent que l’ODEP a vu juste et a frappé au bon endroit en amenant les gouvernants à s’expliquer ce qui est un premier pas vers la redevabilité.

Sans vouloir passer en revue l’entièreté des violations des lois par les gouvernements successifs, relevons quelques constats accablants et encourageons la prise de connaissance de rapports d’évaluation de la gestion des finances publiques  réalisés par les organisation indépendantes de la société civile. 

Jean-Marie Lelo Diakese

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