RDC: l’Etat attend encaisser 500 milliards Usd après vente des blocs pétroliers et gaziers

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Photo: Didier Budimbu, Ministre des Hydrocarbures de la RDC

Le gouvernement congolais lance ce jeudi 28 juillet 2022 la vente des 27 blocs pétroliers et gaziers, alors qu’une pétition, qui a réunit 100.000 signatures visant à le dissuader, a été déposée à la Présidence de la République. Les défenseurs de l’environnement estiment que l’exploitation pétrolière empièterait sur les airs protégés.

Pour le gouvernement, il est temps de saisir l’opportunité pour augmenter la capacité de l’Etat à accroître ses revenus. «Actuellement, le secteur des hydrocarbures rapporte entre 300 à 400 millions Usd, soit 10% des recettes locales. Nous voulons aller loin », a réagi mercredi soir le Ministre Didier Budimbu, au cours d’une émission sur les antennes de Top Congo FM.

La République démocratique du Congo dispose de plus de 60 blocs pétroliers et gaziers, la moitié reste encore non exploitée. 4,5% du potentiel existant est exploité, pourtant évalué à 20 milliards de barils de pétrole et 66 milliards de mètre cube de réserve gazière. Ce sont donc 650 milliards de dollars, qui restent non captés par l’Etat.

«Au niveau du lac Kivu, nous avons un gaz qui se génère. Nous pouvons exploiter aujourd’hui, il est n’est pas prête à finir vu la situation géographique de la région. Pour les hydrocarbures, les estimations ont été faites à 35% de production que nous comptons capter. Les 650 milliards Usd concernent 16 blocs du potentiel existant. Avec 25 blocs, on est à 1000 milliards Usd  et le gouvernement attend pour l’instant la moitié, soit 500 milliards sur une période de 10 à 20 ans», affirme le ministre des hydrocarbures. Et d’ajouter, « si nous arrivons à faire sortir entre 400 mille à 500 mille barils par jour, nous gagnerons plus rapidement ».

L’Etat n’a pas de moyen !

C’est pour la première fois que la RDC tente de lancer les appels d’offres pour attirer les investisseurs dans le secteur des hydrocarbures, conformément à la loi. « Il y a déjà des études pour les 27 blocs pétroliers et gaziers », indique Didier Budimbu.

Et de préciser que « l’Etat congolais va juste accompagner les investisseurs, qui apporteront les capitaux. Au moment de la production, un contrat de partage de production (CPP) sera signé pour la gestion commune. L’Etat sera représenté par la Société nationale des hydrocarbures du Congo (Sonahydroc) à hauteur de 20%, selon la loi et 80% sera la part de l’opérateur .

Pour attirer plus d’investisseurs, le ministère des hydrocarbures veut élargir cette vaste campagne au niveau international. Des rencontres sont prévus à Dubaï, Nigéria, en Europe, aux Etats Unis, … Toutes les données seront postées sur le site internet du ministère, affirme-t-il. « Aucun bloc ne sera attribué aux intermédiaires. Nous allons évaluer la capacité financière et technique de chaque soumissionnaire pour éviter les erreurs du passé. Des allègements fiscaux seront aussi octroyés aux opérateurs», révèle-t-il.

C’est donc partie pour une nouvelle expérience. Le gouvernement se montre de plus en plus optimiste et rassure les Ong qui s’opposent à l’initiative. « Aujourd’hui, dit-il, il y a de la technologie pour exploiter sans impacter négativement les écosystèmes. Avant l’exploitation, il y aura un rapport stratégique sur les impacts environnementaux et qui sera public. S’il n’y a aucun risque on pourra continuer l’exploitation ».

Valery Bakutweni

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