Le Ministère du Portefeuille a publié un communiqué de presse révélant les dessous explosifs d’un conflit juridique avec la société PayServices Bank. Au centre de l’affaire : une tentative présumée d’extorquer 20 millions de dollars du Trésor public congolais, sur la base d’une fausse reconnaissance bancaire internationale.
Cette affaire, qualifiée de manœuvre dolosive par les autorités congolaises, remet en question la crédibilité de certains partenariats public-privé et relance le débat sur la transparence financière en RDC.
Le cœur du litige repose sur une affirmation trompeuse. PayServices n’a jamais obtenu le statut légal de banque auprès des autorités américaines. Selon les documents présentés, le Département des Finances de l’État de l’Idaho a formellement retiré, le 18 octobre 2024, toute reconnaissance conditionnelle de l’entreprise. Faute de conformité aux exigences réglementaires, l’usage du mot « bank » a été interdit à PayServices aux États-Unis.
Malgré cela, la société aurait continué à se présenter en RDC comme un établissement financier agréé, avec une prétendue capacité à gérer des fonds publics. Pour le gouvernement congolais, cette attitude relève d’une usurpation de qualité bancaire visant à accéder frauduleusement aux ressources de l’État.
Les vérifications internes, menées par le Ministère des Finances, ont permis de confirmer que PayServices ne disposait d’aucune autorisation légale pour manipuler ou recevoir des fonds publics congolais. En particulier, l’article 108 de la loi sur les finances publiques interdit tout engagement de dépenses sans autorisation préalable des ministères compétents.
Mme Julie Shiku, alors Directrice de cabinet adjointe, a supervisé l’instruction du dossier et conclut à l’invalidité juridique de tout lien financier entre l’État congolais et PayServices. En l’absence d’accord officiel ou de validation budgétaire, aucun versement n’a été effectué, et aucun préjudice n’a pu être établi à l’encontre de l’entreprise.
Dans son communiqué, le gouvernement de la RDC dénonce une stratégie de pression médiatique, visant à manipuler l’opinion publique et à forcer la main à l’administration congolaise. Les accusations de corruption et les fuites orchestrées dans la presse sont perçues comme des manœuvres de diversion, selon les autorités.
Kinshasa insiste “mettre fin à une relation basée sur une fausse qualité bancaire n’est pas un abus, mais une décision de bonne gouvernance”. L’État congolais affirme qu’il ne cédera ni à la fraude, ni à l’intimidation, ni à la désinformation, et se dit prêt à défendre sa souveraineté financière devant toute juridiction internationale compétente.
Par ailleurs, les autorités réfutent les affirmations selon lesquelles PayServices aurait investi 72 millions USD en RDC. Aucune preuve comptable ou contractuelle ne corrobore ces chiffres. De plus, les contrats mentionnés avec PCES Akiba et la CADECO sont jugés inexacts ou inexistants.
Cette clarification est capitale dans le contexte de la lutte contre la corruption en RDC et la protection des ressources publiques. Elle rappelle l’importance d’une vérification rigoureuse des investissements étrangers, surtout dans le secteur bancaire.
Toute entreprise souhaitant opérer dans le secteur financier en RDC devra désormais faire preuve d’une intégrité irréprochable, faute de quoi elle s’expose à des poursuites et à un rejet catégorique de la part des institutions publiques.
Cette affaire illustre la nouvelle posture du gouvernement congolais, plus ferme et plus vigilante face aux tentatives d’extorsion ou aux projets douteux. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de réforme de la gestion des finances publiques et de lutte contre les abus de pouvoir dans les partenariats État-secteur privé.
Pour les institutions, les ONG et les bailleurs de fonds, il s’agit également d’un cas d’étude sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de due diligence dans les projets de développement.
L’affaire PayServices montre que la République Démocratique du Congo est désormais déterminée à protéger l’intégrité de ses finances publiques. À travers cette mise au point officielle, le gouvernement envoie un message clair : seuls les partenaires transparents, légalement habilités et économiquement viables seront appelés à collaborer avec l’État.



