RDC : Julien Paluku accuse le DG de l’OCC d’avoir causé une perte de 25 millions USD via un système parallèle

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Photo: Julien Paluku, Ministre de l'industrie et ancien Gouverneur du Nord-Kivu (2007-2019)

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a lancé une procédure disciplinaire contre le directeur général de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), Étienne Tshimanga, qu’il accuse de graves fautes de gestion, d’insubordination et de mise en péril des intérêts de l’Office. Cette action fait suite à une correspondance officielle datée du 28 janvier 2026, révélée par DosEco.cd.

Au cœur de cette affaire, le ministre dénonce la mise en place d’un système informatique parallèle de gestion des importations, opéré en dehors des protocoles officiels. Ce système, décrit comme « opaque », serait déjà actif dans la Direction provinciale de Matadi, avec un déploiement en cours dans l’espace Katanga, laissant présager une généralisation nationale.

Selon Julien Paluku, ce dispositif aurait permis l’émission frauduleuse de fausses attestations de vérification (AV), provoquant une perte estimée à plus de 25 millions USD pour l’exercice 2025. Ce manque à gagner, qualifié de « crime économique », découlerait de 6 640 dossiers litigieux, dont 87 % proviennent de Matadi, épicentre présumé du système parallèle.

Le ministre évoque également des irrégularités dans la gestion des ressources humaines de l’OCC. Il accuse le DG d’avoir procédé à des recrutements massifs et à des promotions de grades illégales, en violation d’une instruction d’austérité datant de septembre 2025. Ces décisions auraient aggravé la masse salariale alors que l’Office peine à assurer les salaires de son personnel, contribuant à un climat social tendu.

Dans sa correspondance, le ministre accorde à Étienne Tshimanga un délai de 20 jours pour fournir des explications écrites et documentées. Il exige des clarifications sur trois points principaux : les fondements administratifs des recrutements, l’identité des concepteurs du système parallèle, et la responsabilité dans l’évaporation des recettes liées aux fausses AV.

Cette affaire intervient dans un contexte de renforcement du contrôle étatique sur les entreprises publiques. Le gouvernement congolais, engagé dans une politique d’assainissement des finances publiques, entend faire de la lutte contre la corruption un levier de redressement économique.

Si les faits sont confirmés, cette affaire pourrait marquer un tournant dans la gestion des entreprises publiques stratégiques en RDC, en exposant les dysfonctionnements internes et les failles dans la chaîne de contrôle de la régulation commerciale.

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