Le 2 février 2026, le Cadastre Minier de la République Démocratique du Congo (CAMI) rouvrira officiellement ses guichets pour l’enregistrement des nouvelles demandes de droits miniers et d’exploration. Cette reprise marque une étape cruciale dans le processus de réorganisation du secteur minier, après une suspension temporaire décidée en décembre 2025 pour permettre un vaste chantier d’assainissement des données cadastrales.
La fermeture temporaire du guichet, effective depuis le 17 décembre 2025, s’inscrivait dans une volonté claire des autorités de rétablir l’ordre et la transparence dans la gestion des titres miniers. L’enjeu était double : fiabiliser les données contenues dans le registre national et mettre fin à la rétention ou à la spéculation sur des titres dormants. Pendant cette période de gel, le CAMI a continué à traiter les procédures concernant les titres déjà existants. Les opérations telles que les renouvellements, transferts, baux et autres transactions liées aux droits miniers en cours sont restées actives, garantissant la continuité des activités pour les exploitants en règle.
Les résultats de cette opération de dépollution sont à la hauteur des attentes. En une année, l’État congolais a pu récupérer 594 titres miniers et d’exploitation de carrières, représentant un total de 37 253 carrés miniers, soit environ 31 648 kilomètres carrés de terrain libérés. Ces espaces, désormais disponibles, seront réaffectés conformément aux dispositions du Code minier en vigueur. Pour un secteur en quête d’investissements structurants, cette remise à disposition de ressources foncières constitue une bouffée d’oxygène, notamment pour les jeunes entrepreneurs et opérateurs locaux.
Dans la même dynamique, le CAMI a procédé à la régularisation de 210 droits miniers restés en situation de force majeure pendant plusieurs années. Ces titres, couvrant 18 709 carrés miniers, ont été requalifiés en actifs pleinement opérationnels. Cette requalification réactive les obligations des détenteurs en matière de fiscalité, de responsabilité sociale et de respect des normes techniques. Ce retour à la légalité s’inscrit dans une logique de responsabilisation accrue des acteurs du secteur extractif, longtemps accusé d’évoluer dans l’opacité.
Par cette réforme, le Cadastre Minier réaffirme son engagement en faveur d’une gouvernance assainie, dans un secteur historiquement sensible aux pratiques spéculatives et aux conflits d’intérêts. L’objectif affiché est d’établir un environnement plus transparent et sécurisé, favorable aux investissements responsables et à la croissance durable. Cette modernisation de la gestion cadastrale vient également renforcer la sécurité juridique, élément indispensable à la stabilité du secteur minier congolais.
Dès la réouverture, seuls les dossiers complets et strictement conformes aux exigences légales seront acceptés. Le CAMI appelle donc tous les demandeurs à préparer leurs dossiers en respectant scrupuleusement les normes en vigueur. Cette rigueur vise à éviter une nouvelle saturation du système, tout en assurant une répartition équitable et transparente des ressources minières sur l’ensemble du territoire.
L’impact de cette réforme dépasse le simple cadre administratif. Elle redonne à l’État congolais une capacité d’action sur des milliers de kilomètres carrés de terrain, permettant une meilleure planification du développement minier. Cela ouvre également des perspectives concrètes pour les provinces, qui pourront bénéficier d’une répartition plus équitable des redevances et des projets structurants issus des nouvelles attributions. En assainissant les registres et en libérant les terrains, le gouvernement vise à renforcer la contribution du secteur minier au développement local et à la lutte contre la pauvreté.
Pour les jeunes entrepreneurs, les coopératives artisanales et les PME évoluant dans l’écosystème minier, cette relance est aussi une opportunité unique. L’accès à de nouveaux périmètres pourrait favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs miniers congolais, mieux encadrés et plus soucieux des enjeux environnementaux et sociaux. À condition, bien sûr, que l’accompagnement institutionnel suive, notamment en matière d’accès au financement, à la formation et à l’assistance technique.
La réouverture du cadastre minier en février 2026 n’est donc pas une simple reprise administrative. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme structurelle, visant à repositionner le secteur minier comme un véritable levier de développement durable pour la RDC. Ce tournant doit désormais être consolidé par une gouvernance cohérente, une transparence accrue, et une implication réelle des communautés locales. Car l’enjeu ultime reste le même : transformer les ressources minières du pays en moteur de prospérité partagée.



