RDC‑Émirats : Quand une vision présidentielle transforme l’économie nationale

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Ce lundi marque une étape majeure dans l’histoire économique récente de la République Démocratique du Congo. En présence de Son Altesse le Président des Émirats Arabes Unis, Mohamed Ben Zayed Al Nahyane, et du Chef de l’État congolais, Félix‑Antoine Tshisekedi, la RDC et les Émirats Arabes Unis ont signé l’Accord de Partenariat Économique Global (APEG). Au-delà d’un simple cadre de coopération, cet accord constitue l’aboutissement d’une stratégie de long terme visant à ouvrir l’économie congolaise au monde, à formaliser des secteurs essentiels et à impulser des transformations qui, encore hier, semblaient hors de portée.

L’histoire de ce partenariat stratégique prend racine dès 2021, lors de la participation du Président Félix Tshisekedi à l’Expo Dubaï 2020, un événement mondial repoussé à cause de la pandémie de COVID‑19 mais riche en opportunités pour la RDC. C’est là que sont nés les deux engagements majeurs qui structurent aujourd’hui ce rapprochement économique : la construction du port en eau profonde de Banana et la formalisation des flux d’or artisanal via le système bancaire. Deux engagements qui, dans leur ambition, reflètent à la fois les défis et les espoirs d’une économie congolaise en quête de diversification et d’intégration régionale et mondiale.

La vision présidentielle s’est très vite transformée en résultats tangibles. La signature d’une convention de collaboration avec DP World pour la réalisation du port de Banana a donné naissance à l’un des plus grands chantiers d’infrastructure du pays. Actuellement en phase active de construction, ce port en eau profonde est appelé à devenir un hub logistique stratégique sur la façade atlantique de l’Afrique centrale, réduisant les coûts d’exportation et d’importation, dynamisant le commerce intercontinental et augmentant la compétitivité de l’économie congolaise.

Parallèlement, l’autre engagement la formalisation du secteur de l’or artisanal  a été mis en œuvre à travers la création de Primera Gold, une structure pionnière destinée à canaliser et sécuriser les flux d’or produits artisanalement vers des circuits bancaires officiels. Ce qui était autrefois un secteur opaque, souvent exploité par des réseaux informels ou mafieux, s’est transformé en une réalité économique mesurable. L’impact de Primera Gold dépasse largement les projections initiales. Alors que la RDC exportait officiellement entre 5 et 10 kg d’or artisanal par an, avec un pic historique à seulement 34 kg en 2020, l’entreprise a fait exploser ces chiffres. En 45 jours d’activité seulement, Primera Gold a exporté plus d’or que le pays ne l’avait fait officiellement au cours des 15 dernières années.

Les données confirment cette révolution silencieuse mais profonde : en 2023, près de 5 000 kg d’or ont été exportés via la nouvelle filière formaliste, et en 2024, entre 7 000 et 9 000 kg, soit une moyenne de 800 kg par mois. Ces chiffres ne traduisent pas seulement une croissance spectaculaire, ils signifient surtout une traçabilité accrue, une augmentation des recettes en devises et un appui direct à l’économie formelle, rompant avec des décennies d’une économie minière largement informelle et difficile à réguler.

Pour le Chef de l’État congolais, ces succès ne sont pas des finalités en soi mais des jalons dans une stratégie plus vaste : la « Trilogie Économique », lancée en 2019. Cette stratégie repose sur trois axes complémentaires : la diversification économique, la diversification des marchés et la diversification des partenaires. L’ambition est claire : rompre avec une dépendance excessive à quelques produits et marchés, et intégrer la RDC dans un réseau d’échanges plus large et plus équilibré. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’APEG, un accord qui va bien au‑delà d’un simple traité commercial. Il couvre le commerce des marchandises et des services, le commerce électronique, les règles d’origine, la promotion des investissements privés et l’ouverture de nouvelles plateformes de coopération bilatérale.

L’APEG signé ce 2 février 2026 fixe des projections ambitieuses pour les échanges entre les deux pays. Si les volumes étaient estimés à 1,2 milliard USD en 2020, puis 3,5 milliards en 2023 et 4,5 milliards en 2024, ils sont désormais projetés à 10 milliards USD d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif, une liste de 6 000 produits congolais éligibles aux échanges a été établie. Cette liste ne se contente pas de multiplier les possibilités d’exportation : elle ouvre des perspectives concrètes pour les secteurs agricoles, industriels, manufacturiers et technologiques du pays.

Au cœur de ce partenariat, des retombées sociales et économiques deviennent tangibles pour le peuple congolais. La formalisation du secteur aurifère a déjà des effets visibles sur les revenus des artisans, sur la collecte des recettes fiscales et sur la stabilité du secteur minier. L’avancement du port de Banana augure des milliers d’emplois directs et indirects, des opportunités pour les PME locales et un renforcement des chaînes de valeur nationales. Enfin, l’élargissement des échanges commerciaux avec les Émirats permettra à de nombreux produits congolais de conquérir de nouveaux marchés, tout en amenant des technologies et des services qui stimulent l’innovation.

À chaque Congolais aujourd’hui de faire un choix clair dans cette dynamique. Comme l’a rappelé le Président Tshisekedi lors de la cérémonie de signature :

« Nous avons signé l’Accord de Partenariat Économique Global (APEG) entre les Émirats Arabes Unis et la RDC parce que nous voulons écrire une nouvelle page de notre histoire économique. À chacun de faire son choix économique : s’engager, produire, innover et participer à la transformation du pays. »

Ce partenariat n’est pas seulement un trait d’union entre Kinshasa et Abu Dhabi. Il est l’expression d’une ambition nationale renouvelée, d’une ouverture vers le monde et d’une espérance partagée pour un avenir plus prospère et plus inclusif pour tous les Congolais.

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