Le projet du port en eau profonde de Banana, longtemps présenté comme structurant pour l’économie congolaise, franchit un cap décisif. En marge du Sommet mondial des gouvernements tenu à Dubaï, le ministre congolais de l’Industrie, Julien Paluku Kahongya, a annoncé des avancées majeures à l’issue d’échanges stratégiques avec Sultan Ahmed bin Sulayem, président-directeur général de DP World, partenaire clé du projet.
Selon les informations publiées par le ministre, la première phase du quai, longue de 300 mètres sur les 600 mètres prévus, sera livrée d’ici décembre 2026. Cette échéance marque une accélération significative pour ce qui sera le premier port en eau profonde de la République démocratique du Congo, appelé à transformer durablement le commerce extérieur du pays.
Sur le plan économique, les retombées attendues sont considérables. Le port de Banana permettra une réduction drastique des coûts logistiques, en mettant fin à la dépendance quasi totale de la RDC vis-à-vis des ports étrangers pour ses importations et exportations. Cette nouvelle infrastructure renforcera la compétitivité des produits « Made in DRC » sur les marchés internationaux, tout en contribuant à la baisse des prix des biens importés pour les consommateurs congolais. À moyen terme, il s’agit d’un levier stratégique pour améliorer la balance commerciale et soutenir l’industrialisation.
Pour les opérateurs économiques congolais, le message est clair : l’anticipation devient un impératif stratégique. L’ouverture du port entraînera une hausse rapide des flux commerciaux, créant des opportunités dans les secteurs du transport, de l’entreposage, de la logistique intégrée, de la manutention et des services connexes. La construction d’un écosystème logistique robuste autour de Banana est désormais un enjeu central pour le secteur privé national, appelé à se positionner face à une concurrence régionale et internationale accrue.
Au-delà des infrastructures, le projet du port de Banana s’inscrit dans une vision politique plus large portée par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, notamment celle de la création d’emplois sûrs et durables. Des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects sont attendus dans les prochains mois, aussi bien durant la phase de construction que lors de l’exploitation du port.
Longtemps perçu comme un projet lointain, le port de Banana est désormais une réalité en construction. Les avancées enregistrées à Dubaï confirment le choix stratégique des partenaires de la RDC et renforcent la crédibilité du pays comme futur hub logistique et commercial majeur en Afrique centrale.



