RDC–États-Unis : un partenariat stratégique qui entre dans sa phase opérationnelle

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La République démocratique du Congo et les États-Unis d’Amérique ont franchi une étape décisive dans le renforcement de leur coopération économique. La première réunion du Comité de Pilotage Conjoint (Joint Steering Committee) s’est tenue ce jour au Département d’État américain, marquant le lancement effectif de la mise en œuvre de l’Accord de Partenariat Stratégique entre les deux pays.

Cette rencontre traduit une volonté politique commune d’aller au-delà des déclarations d’intention pour bâtir un cadre concret de collaboration axé sur l’investissement privé, le développement durable et la transformation structurelle de l’économie congolaise. Pour la République démocratique du Congo, il s’agit de positionner ses ressources naturelles comme des leviers de croissance inclusive et de stabilité régionale, dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique et la reconfiguration des chaînes de valeur.

Au cœur des échanges figurait l’examen de la liste des actifs stratégiques (Strategic Asset Reserve – SAR) soumise par la RDC. Cette démarche constitue une avancée majeure dans l’opérationnalisation du partenariat. La liste fera l’objet d’un rapport conjoint destiné à informer le secteur privé américain des opportunités d’investissement jugées prioritaires et stratégiques par les deux gouvernements. L’objectif est clair : orienter les capitaux vers des projets structurants, capables de générer un impact économique et social mesurable.

Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à soutenir les investissements privés dans les secteurs clés des mines et de l’énergie, tout en développant les infrastructures critiques indispensables à leur viabilité. Mais l’ambition va plus loin. Le partenariat entend promouvoir la diversification économique au-delà de l’extraction minière, notamment par la transformation locale, le raffinage et l’industrialisation progressive, afin de capter davantage de valeur ajoutée sur le sol congolais.

Le renforcement des capacités nationales et le transfert de compétences occupent également une place centrale. Les projets soutenus par la U.S. International Development Finance Corporation ont été retenus comme prioritaires, tandis qu’une assistance technique substantielle est prévue, incluant le déploiement d’équipes américaines en coordination étroite avec les autorités congolaises.

Parmi les priorités de premier plan figure l’investissement dans le corridor de Lobito, considéré comme un axe stratégique pour l’intégration régionale, l’exportation des minerais et la modernisation logistique. Enfin, la mise en place d’un comité de suivi conjoint, appelé à entamer immédiatement ses travaux, vise à garantir l’exécution effective des engagements pris.

À travers ce partenariat, Kinshasa et Washington ambitionnent de transformer les ressources naturelles congolaises en moteurs de croissance durable, de créer des emplois qualifiés pour la jeunesse et de moderniser le tissu économique national, dans un esprit de bénéfices mutuels et de stabilité à long terme.

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