39e Sommet de l’UA : la ZLECAf et la modernisation des frontières au cœur d’une offensive économique régionale

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En marge du 39e Sommet ordinaire des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine, prévu du 14 au 15 février 2026 à Addis-Abeba sous le thème « Assurer la disponibilité de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », la diplomatie économique congolaise s’est activée.

Ce jeudi 12 février, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a tenu une réunion stratégique avec le Secrétaire général de la Zone de libre-echange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene. Deux priorités ont dominé les échanges : l’accélération effective du démantèlement tarifaire et la modernisation des corridors frontaliers en Afrique australe.

L’un des freins à la mise en œuvre de la ZLECAf reste l’application concrète des décisions tarifaires au niveau des administrations douanières. D’où la nécessité, soulignée lors de la rencontre, d’impliquer directement les ministres des Finances afin qu’ils donnent des instructions claires aux régies financières et aux services de douane.

L’objectif est simple : traduire les engagements politiques en actes administratifs. Sans harmonisation douanière et sans réduction effective des barrières tarifaires, le commerce intra-africain restera limité, au détriment des producteurs et industriels locaux.

Pour la RDC, l’enjeu est stratégique. L’accès élargi aux marchés régionaux pourrait stimuler la transformation locale, réduire la dépendance aux importations et renforcer les recettes issues d’exportations à plus forte valeur ajoutée.

Le second axe porte sur la modernisation des frontières entre la RDC, la Zambie, le Zimbabwe, le Botswana et l’Afrique du Sud. Il est notamment question de construire des postes frontaliers à arrêt unique avec l’appui de DP World, afin de fluidifier le passage des marchandises.

Ces infrastructures visent à réduire les délais, les coûts logistiques et les tracasseries administratives. Pour les opérateurs économiques, chaque jour d’attente aux frontières représente une perte financière. Pour les États, cela signifie une compétitivité affaiblie.

Une nouvelle étape est déjà prévue : les ministres du Commerce des pays concernés se retrouveront le 18 février à Dubaï autour de DP World pour définir les modalités concrètes de cette modernisation.

Au-delà des discours, la ZLECAf entre ainsi dans une phase opérationnelle. Pour la RDC, l’enjeu est clair : transformer l’intégration régionale en levier réel de croissance, d’industrialisation et d’emplois.

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