La République démocratique du Congo (RDC) commence l’année 2026 sous tension budgétaire, avec un déficit de trésorerie de 1 037,5 milliards de francs congolais (CDF) enregistré dès le mois de janvier, soit près d’un demi-milliard de dollars. Ce niveau dépasse d’environ 350 milliards CDF le déficit initialement programmé pour le premier mois de l’exercice. Au-delà des chiffres, l’enjeu est macroéconomique; la manière de financer cet écart pourrait influencer l’inflation, la liquidité bancaire et la stabilité du franc congolais.
Les recettes publiques attendues s’élevaient à 1 895,6 milliards CDF. Les encaissements effectifs ont atteint 1 632,1 milliards CDF, soit 86 % de l’objectif, laissant un manque à gagner de 263 milliards CDF. Cette sous-performance reflète des fragilités persistantes notamment le poids de l’économie informelle, les exonérations fiscales importantes, la fraude et difficulté à élargir l’assiette fiscale. La pression fiscale demeure concentrée sur un nombre restreint d’entreprises formelles, ce qui rend les prévisions sensibles au moindre ralentissement.
Dans le même temps, les dépenses exécutées ont atteint 2 669,6 milliards CDF, soit 103,3 % des prévisions mensuelles. Même modéré en apparence, ce dépassement intervient dans un contexte de recettes en retrait, aggravant le déséquilibre entre les entrées et les sorties de fonds.
Le financement du déficit devient alors central. Trois leviers sont généralement mobilisés; les avances de la Banque centrale du Congo (BCC), l’émission de bons du Trésor sur le marché intérieur ou des ajustements temporaires de trésorerie. Chacune de ces options comporte des risques. Le financement monétaire peut alimenter la hausse des prix. L’endettement intérieur peut réduire la liquidité disponible pour le secteur privé et renchérir le crédit. Les ajustements de trésorerie peuvent déplacer la pression budgétaire vers les mois suivants.
Un début d’année marqué par un déficit supérieur aux prévisions réduit les marges de manœuvre pour le reste de 2026. Pour préserver la stabilité macroéconomique, le gouvernement devra arbitrer entre maîtrise des dépenses, amélioration de la mobilisation des recettes et recours prudent au financement interne, dans un contexte où le pouvoir d’achat et le taux de change restent sensibles.



