RDC: la levée des mesures conservatoires clarifie les pouvoirs de la Direction intérimaire de l’OCC

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Nouveau rebondissement au sein de l’Office Congolais de Contrôle (OCC). Suspendu il y a quelques jours pour fautes présumées de gestion, le Directeur général avait fait l’objet de mesures conservatoires décidées par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya. Leur levée récente a suscité des interrogations, certains y voyant une possible réhabilitation. Il n’en est rien, selon plusieurs sources proches du dossier.

Contrairement aux interprétations hâtives, la décision ne vise pas à rétablir le Directeur général dans l’intégralité de ses fonctions, mais à clarifier le fonctionnement interne de l’institution. L’objectif affiché serait d’accorder les pleins pouvoirs à la Directrice générale intérimaire, Christelle Muabilu, afin de lui permettre d’assurer une gestion efficace et autonome de l’établissement.

Selon une source contactée, le maintien des mesures conservatoires limitait considérablement la marge de manœuvre de l’intérim. « C’est permettre à la DG intérimaire d’avoir le plein pouvoir pour gérer l’entreprise. Sans lever ces mesures conservatoires, elle ne devait gérer que les salaires », explique-t-elle. Autrement dit, la levée des mesures aurait une portée essentiellement administrative, destinée à éviter une paralysie décisionnelle au sommet de l’OCC.

La suspension initiale reposait sur des accusations d’irrégularités administratives et financières, ayant conduit à l’ouverture de vérifications internes. Le ministre avait alors justifié les mesures conservatoires par la nécessité de garantir la transparence de l’enquête et la continuité du service public. Dans sa correspondance récente, il précise que le travail des commissaires aux comptes se poursuit, ce qui signifie que l’audit n’est pas clôturé.

Cette précision est essentielle pour comprendre la portée réelle de la décision. Il ne s’agit ni d’un abandon des investigations ni d’une validation implicite de la gestion passée, mais d’un ajustement institutionnel visant à assurer la continuité administrative. L’OCC joue en effet un rôle stratégique dans le contrôle qualité, la certification et la régulation des importations et exportations en République démocratique du Congo. Une direction affaiblie pourrait impacter le commerce extérieur et la crédibilité du pays.

Dans un contexte où la gouvernance des entreprises publiques demeure un enjeu central, cette séquence met en lumière la nécessité de clarifier les procédures disciplinaires et les mécanismes d’intérim. Pour les acteurs économiques, la priorité reste la stabilité institutionnelle. Pour l’opinion publique, l’exigence demeure la transparence.

La levée des mesures conservatoires apparaît ainsi moins comme un revirement politique que comme une décision technique destinée à garantir une gestion opérationnelle complète. Reste désormais à attendre les conclusions définitives de l’audit pour mesurer les suites administratives et institutionnelles de ce dossier sensible

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