RDC : les États-Unis, l’Union européenne et leurs partenaires alertent sur la reprise des violences dans l’Est

0
59

Les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs pays occidentaux ont exprimé leur vive inquiétude face à la détérioration de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration conjointe, ces partenaires internationaux appellent à un respect strict du cessez-le-feu et à une reprise urgente des négociations afin d’éviter une nouvelle escalade du conflit.

La déclaration est signée par les gouvernements des États-Unis, de la Belgique, du Danemark, de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Suède, de la Suisse et du Royaume-Uni, ainsi que par l’Union européenne. Ce groupe, réuni au sein du International Contact Group (ICG) et présidé par la Suède, dit suivre avec une profonde préoccupation les violations récentes des engagements de cessez-le-feu dans l’est de la RDC.

Selon ces partenaires, plusieurs violations ont été observées malgré les accords signés ces derniers mois. Il s’agit notamment des engagements contenus dans les Accords de Washington du 4 décembre 2025, ainsi que dans le processus de Doha du 19 juillet 2025, qui prévoient un cessez-le-feu permanent et la cessation durable des hostilités.

La déclaration souligne en particulier l’utilisation de drones dans certaines opérations militaires, une évolution jugée préoccupante car elle représente un risque direct pour les populations civiles. Les signataires appellent toutes les parties impliquées dans le conflit à mettre fin immédiatement aux hostilités et à revenir sans ambiguïté à la table des négociations.

Pour ces partenaires internationaux, une chose est claire : il n’existe pas de solution militaire au conflit dans l’est de la RDC.

Les membres du groupe exhortent également les différentes parties à respecter leurs obligations découlant des accords diplomatiques et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment les résolutions 2773 et 2808. Ils insistent également sur le respect de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.

Dans leur déclaration, les signataires saluent les efforts de médiation actuellement en cours. Ils rendent notamment hommage au rôle joué par Faure Gnassingbé, président du Conseil de la République du Togo, désigné médiateur par l’Union africaine. Ils soulignent aussi l’importance du travail mené par le panel des facilitateurs régionaux, ainsi que par les États-Unis et le Qatar dans la recherche d’une solution diplomatique.

Le groupe international se félicite également des initiatives visant à mettre en place un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu. Ce mécanisme devrait être soutenu par le Qatar, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO).

Les partenaires internationaux rappellent par ailleurs que la paix durable en RDC passe aussi par un dialogue inclusif entre Congolais. Ils estiment que la participation de toutes les parties prenantes politiques et sociales congolaises est indispensable pour résoudre durablement la crise.

Dans cette perspective, ils saluent également les consultations initiées par l’Angola dans le cadre des efforts régionaux visant à favoriser le dialogue.

La déclaration met aussi l’accent sur la situation humanitaire, qui reste extrêmement préoccupante dans les zones affectées par les combats. Les signataires appellent toutes les parties à respecter le droit international humanitaire et à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave pour permettre l’acheminement de l’aide aux populations dans le besoin.

Ils saluent néanmoins certaines avancées récentes, notamment les engagements pris par les gouvernements de la région pour améliorer l’accès humanitaire. Parmi ces progrès figurent la réouverture de la frontière entre la RDC et le Burundi ainsi que l’utilisation récente de l’aéroport de Goma lors de la visite du chef intérimaire de la MONUSCO et représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, Bruno Lemarquis van de Perre.

Cette utilisation pourrait ouvrir la voie à une réouverture durable de l’aéroport de Goma pour les vols humanitaires, une étape jugée essentielle pour soutenir les populations affectées par le conflit.

Enfin, les membres du groupe international appellent toutes les parties à mettre fin aux discours de haine, à la discrimination et aux incitations à la violence, notamment celles visant les minorités rwandophones. Selon eux, ces discours représentent une menace grave pour la cohésion sociale et la sécurité des civils dans l’est de la RDC.

Dans un contexte régional fragile, la communauté internationale réaffirme ainsi sa volonté de soutenir les initiatives diplomatiques et les efforts de médiation afin de parvenir à une paix durable dans l’est de la République démocratique du Congo.

Article précédentRDC : Audit du projet Sicomines, la vérité sur les chiffres enfin attendue

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici