La République démocratique du Congo (RDC) s’apprête à franchir une étape majeure dans la restructuration de son secteur minier avec l’approbation imminente de la vente de Chemaf à la société américaine Virtus Minerals. Cette transaction, estimée à 30 millions de dollars pour l’acquisition des parts, s’accompagne d’un ambitieux plan d’investissement de 750 millions de dollars destiné à relancer des projets miniers stratégiques, notamment dans le cuivre et le cobalt.
Selon plusieurs sources concordantes, Virtus Minerals reprendra également les dettes contractées par Chemaf, dont un prêt de 600 millions de dollars accordé en 2022 par le négociant Trafigura pour financer les projets de Mutoshi et d’Etoile. Cette reprise intervient dans un contexte de forte pression financière ayant contraint Chemaf à se mettre en vente dès 2023, après le ralentissement de ses activités.
Au-delà de l’aspect financier, cette opération s’inscrit dans une dynamique géopolitique plus large. Elle constitue un test concret du partenariat stratégique signé en décembre dernier entre les États-Unis et la RDC, visant à sécuriser l’accès aux minerais critiques. Le pays, riche en cobalt, cuivre, lithium et tantale, est devenu un maillon essentiel dans la stratégie américaine de réduction de la dépendance vis-à-vis de la Chine.
Le rôle de l’État congolais reste déterminant dans cette transaction. Conformément à la législation minière, tout changement de contrôle d’un permis nécessite une approbation officielle. Le ministre des Mines, Louis Watum, aurait déjà signalé l’intention du gouvernement de valider l’opération. Par ailleurs, la Gécamines, entreprise publique, détient un levier stratégique à travers son permis clé exploité par Chemaf à Mutoshi, ce qui lui confère une influence directe sur l’issue de la vente.
Cette acquisition s’inscrit également dans un ensemble plus large de projets liés au partenariat américano-congolais. Parmi eux figurent la prise de participation envisagée par Orion CMC dans certaines mines de Glencore en RDC, ainsi qu’un projet ferroviaire porté par Mota-Engil visant à relier le bassin minier au port angolais de l’Atlantique.
Pour la RDC, l’enjeu est double : attirer des investissements structurants tout en renforçant la souveraineté sur ses ressources naturelles. Pour les acteurs locaux et les entrepreneurs, cette évolution pourrait générer de nouvelles opportunités économiques, à condition que les retombées profitent réellement au tissu économique national.



