RDC : pourquoi il faut repenser la Conférence des gouverneurs pour accélérer le développement des provinces

0
40

La Conférence des gouverneurs des provinces en République démocratique du Congo (RDC) est censée être un levier stratégique de coordination entre le pouvoir central et les entités territoriales. Elle devrait incarner un cadre de redevabilité, d’évaluation des politiques publiques et d’impulsion du développement local. Pourtant, à l’épreuve des faits, son efficacité réelle interroge.

Au lieu d’un véritable exercice de redevabilité verticale et horizontale, cette rencontre s’apparente encore trop souvent à un cadre déclaratif, sans indicateurs de performance clairs ni mécanismes rigoureux de suivi des engagements. Les gouverneurs ne sont que rarement évalués sur la base de résultats mesurables, ce qui limite fortement l’impact des décisions prises.

Par ailleurs, la Conférence peine à s’imposer comme un laboratoire de solutions concrètes pour le développement des provinces. Les échanges restent généraux, sans déboucher sur des plans d’action opérationnels capables de répondre aux défis majeurs du pays, notamment en matière d’infrastructures, d’énergie, d’agriculture et d’industrialisation.

Dans un pays aussi vaste que la RDC, cette plateforme devrait également jouer un rôle central dans le partage des bonnes pratiques entre provinces. Certaines entités développent des initiatives innovantes, mais l’absence de mécanismes structurés de capitalisation et de diffusion freine leur reproduction à grande échelle.

Plus préoccupant encore, la Conférence des gouverneurs ne parvient pas à devenir un véritable catalyseur de projets structurants. Sans articulation avec des dispositifs de financement, des partenaires techniques et le secteur privé, les résolutions adoptées peinent à produire des résultats concrets sur le terrain.

Face à ces limites, un changement de paradigme s’impose. Repenser la Conférence des gouverneurs ne signifie pas la supprimer, mais la transformer en un véritable outil de pilotage du développement territorial. Cela passe par la définition d’objectifs clairs en amont, l’instauration d’indicateurs de performance, la mise en place de mécanismes de suivi indépendants et l’implication systématique des acteurs économiques et financiers.

La RDC dispose d’un potentiel considérable pour son développement. Mais sans des mécanismes efficaces de gouvernance territoriale, ce potentiel restera sous-exploité. La Conférence des gouverneurs peut devenir un moteur de transformation, à condition de passer d’une logique événementielle à une logique de résultats.

Tribune de Patrick De Favre 

Article précédentKasaï Central : le pari gagnant de l’entrepreneuriat féminin pour le FPI et la FMMDI
Article suivantLutte contre la corruption : Simplice Kapipa sacré, un signal fort pour la RDC

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici