Le différend fiscal opposant la République démocratique du Congo au groupe pétrolier Perenco suscite une controverse. Alors qu’Africa Intelligence révèle une réclamation de 4,4 milliards de dollars formulée par les autorités congolaises, le média spécialisé NRESOURCES conteste la portée de ce montant et évoque un différentiel fiscal réel estimé à seulement 5 millions de dollars. Entre accusations présumées d’irrégularités et contestations, les négociations se poursuivent.
Un redressement fiscal aux montants controversés
Selon les révélations d’Africa Intelligence publiées le 7 octobre 2026, l’Inspection générale des finances (IGF) aurait identifié des irrégularités fiscales et douanières concernant cinq entités du groupe Perenco opérant en RDC.
Le contentieux atteindrait 4,4 milliards USD, dont 4,2 milliards de pénalités. La Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) réclamerait notamment 2,2 milliards USD pour des exportations présumées sans licence, tandis que la Direction générale des douanes et accises (DGDA) évoquerait 1,8 milliard USD pour défaut de déclarations douanières.
NRESOURCES remet en question les chiffres avancés
Dans une analyse contradictoire, NRESOURCES estime que les 4,4 milliards USD ne correspondent pas à une fraude fiscale établie, mais essentiellement à des pénalités calculées sur la valeur des cargaisons.
Le média soutient que Perenco produit actuellement environ 17 000 barils par jour, avec un chiffre d’affaires cumulé inférieur à 2 milliards USD sur cinq ans.
Selon cette analyse, le différentiel fiscal réellement contesté serait proche de 5 millions USD. Ces estimations restent toutefois à confirmer par les administrations compétentes.
Perenco dénonce des actes de sabotage
Autre élément soulevé dans cette affaire sont les difficultés sécuritaires rencontrées par l’entreprise dans ses installations de Moanda. Perenco affirme avoir subi plus de 550 actes de malveillance en cinq ans, notamment des sabotages de pipelines, des vols de pétrole brut et des opérations de contrebande vers le Cabinda.
Ces incidents constitueraient, selon le groupe, un élément essentiel pour apprécier certaines irrégularités douanières présumées.
Vers une résolution négociée ?
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, aurait suspendu les poursuites par courrier du 4 août 2026 afin de favoriser une conciliation.
Une rencontre tenue le 21 septembre avec une délégation conduite par Ludovic Malcoste, directeur général de Perenco en RDC, s’inscrit dans cette démarche. L’enjeu dépasse désormais la seule question fiscale. Il devra garantir les intérêts financiers de l’État tout en préservant la sécurité juridique des investissements et la continuité de la production pétrolière nationale.
La conclusion de la procédure contradictoire sera déterminante pour établir les montants légalement exigibles et départager les positions.
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