Tramway de Kinshasa : projet structurant ou nouvelle promesse politique ?

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Le gouvernement de la République démocratique du Congo a fixé la date du 27 novembre 2027. C’est à cette échéance que la première ligne du Tramway de Kinshasa devrait être mise en service. L’annonce a été officialisée à Rotterdam, aux Pays-Bas, lors de la signature d’un accord avec un consortium international composé de Prume Tramway RDC, Frateur-De Pourcq et PowerChina.

Sur le papier, le projet est ambitieux. Il prévoit sept lignes modernes, la construction de 173 ponts entre le centre-ville et l’aéroport international de N’djili, ainsi que la mobilisation de plus de 60 ingénieurs spécialisés. Le montage financier repose sur un Partenariat Public-Privé (PPP), un modèle qui associe capitaux privés et engagement public pour limiter la pression sur les finances de l’État.

Pour une métropole de plus de 15 millions d’habitants, régulièrement paralysée par les embouteillages et confrontée à des inondations récurrentes, l’enjeu est colossal. Le tramway est présenté comme une solution structurante capable de transformer la mobilité urbaine, de fluidifier les déplacements et de stimuler l’activité économique.

Au-delà du transport, ce projet pourrait devenir un véritable levier de croissance locale. Les grands travaux annoncés impliquent des marchés dans le génie civil, la sous-traitance, la fourniture de matériaux, la maintenance et les services techniques. Pour les PME congolaises et les jeunes entrepreneurs, l’opportunité est réelle à condition que le contenu local soit effectivement appliqué.

La construction de 173 ponts et des infrastructures associées pourrait également générer des milliers d’emplois directs et indirects. En phase d’exploitation, le réseau nécessitera des techniciens, des opérateurs, des agents de maintenance et des services annexes. Un écosystème économique pourrait ainsi émerger autour du transport urbain moderne.

Mais entre l’annonce et la réalisation, le chemin reste long. Le financement en PPP devra être sécurisé. Les études techniques devront être finalisées. Le calendrier devra être respecté. Et surtout, la gouvernance du projet devra garantir transparence et efficacité.

Kinshasa a déjà connu des projets ambitieux restés inachevés. La crédibilité de cette initiative dépendra donc de sa capacité à passer rapidement de la phase des accords à celle des travaux visibles sur le terrain.

Si le calendrier est respecté, le 27 novembre 2027 pourrait marquer un tournant historique pour la capitale congolaise. Dans le cas contraire, le tramway rejoindrait la longue liste des infrastructures promises mais jamais concrétisées.

Pour l’instant, l’ambition est posée. Reste à savoir si elle sera suivie d’effets.

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