
Le président de la République, Félix Tshisekedi, a ordonné un audit complet de l’état liquidatif de la paie des agents et fonctionnaires de l’État, à la suite des retards répétés observés depuis le début de l’année dans le versement des salaires. Cette décision, annoncée lors du Conseil des ministres, vise à rétablir la régularité de la paie et à mieux contrôler une masse salariale jugée préoccupante pour les finances publiques de la République démocratique du Congo.
Depuis janvier, de nombreux agents publics dénoncent des retards inhabituels dans le paiement de leurs rémunérations. Une situation qui fragilise les ménages congolais et alimente les tensions sociales. Pour le chef de l’État, ces dysfonctionnements seraient notamment liés à l’augmentation rapide et peu maîtrisée des effectifs, conséquence de l’intégration massive de nouvelles unités dans l’administration publique sans contrôle rigoureux des effectifs réels.
L’audit ordonné porte précisément sur l’état liquidatif, c’est-à-dire le fichier détaillant les bénéficiaires et les montants des salaires à payer. L’objectif est d’identifier d’éventuelles anomalies : doublons, agents fictifs, erreurs de calcul ou décalages entre les effectifs budgétaires et les agents effectivement en service. Cette opération devrait permettre d’assainir le fichier de la paie publique et d’améliorer la transparence dans la gestion des finances de l’État.
Sur le plan économique, la question est stratégique. La masse salariale représente une part importante du budget national. Lorsqu’elle augmente plus vite que les recettes publiques, elle exerce une pression directe sur la trésorerie de l’État, limite les investissements dans les infrastructures, la santé ou l’éducation, et peut accentuer le déficit budgétaire. Pour un pays engagé dans des réformes structurelles et des programmes avec les partenaires financiers internationaux, la maîtrise des dépenses publiques est un enjeu central.
Une gestion plus rigoureuse de la paie des fonctionnaires peut contribuer à stabiliser le cadre macroéconomique, renforcer la crédibilité de l’État et améliorer le climat des affaires en RDC. Toutefois, l’audit devra être mené avec transparence afin d’éviter toute injustice sociale ou perturbation supplémentaire.
En ordonnant cet audit de la paie des fonctionnaires, Félix Tshisekedi envoie un signal fort; la réforme de l’administration publique et la maîtrise de la masse salariale deviennent une priorité nationale. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur des réformes structurelles durables capables de garantir une paie régulière et soutenable pour les finances publiques congolaises.


