La République Démocratique du Congo (RDC), premier producteur mondial de cobalt, renforce sa régulation du secteur minier en imposant un ultimatum strict aux entreprises exploitantes. L’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances stratégiques (ARECOMS) a annoncé que les sociétés minières doivent impérativement écouler les quotas d’exportation non utilisés du quatrième trimestre 2025 avant le 30 avril 2026, sous peine de voir ces volumes retirés et réaffectés à une réserve stratégique nationale.
Cette décision, entrée en vigueur le 31 mars 2026 selon le président de l’ARECOMS, Patrick Luabeya, marque une nouvelle étape dans la politique de contrôle des exportations de cobalt en RDC. Elle vise à optimiser la gestion des ressources stratégiques du pays et à renforcer son influence sur le marché mondial des minerais critiques, essentiels notamment à la fabrication des batteries pour véhicules électriques.
Parallèlement, l’ARECOMS a précisé que les quotas d’exportation du premier trimestre 2026 pourront être utilisés jusqu’au 30 juin, en complément de ceux du deuxième trimestre. Cette flexibilité permet aux opérateurs de mieux s’adapter aux contraintes logistiques, tout en garantissant la validité des quotas alloués pour l’ensemble de l’année 2026.
Avec environ 70 % de la production mondiale de cobalt, la RDC joue un rôle central dans la chaîne d’approvisionnement des technologies vertes. En 2025, le gouvernement avait déjà instauré des quotas d’exportation après plusieurs mois de suspension des exportations, une stratégie qui avait contribué à réduire l’offre sur le marché international et à soutenir les prix du cobalt.
Cependant, la mise en œuvre de ce système de quotas n’a pas été sans difficultés. Plusieurs entreprises minières ont rencontré des contraintes opérationnelles et logistiques, ralentissant l’exécution des volumes autorisés. Malgré la reprise des exportations, ces défis ont affecté le rythme des expéditions, suscitant des réactions contrastées au sein de l’industrie.
Certaines entreprises, comme le géant minier CMOC, estiment que le délai fixé au 30 avril est suffisant, affirmant avoir déjà expédié la totalité de leurs quotas du quatrième trimestre 2025. D’autres acteurs, notamment dans le négoce international, évoquent des incertitudes liées au calendrier réglementaire, tout en reconnaissant que cette prolongation reste globalement favorable.
Du côté des investisseurs et partenaires internationaux, cette décision est perçue comme un signal fort de la volonté de la RDC de mieux structurer son secteur minier et de maximiser les retombées économiques de ses ressources naturelles. En renforçant la discipline dans l’exécution des quotas, Kinshasa cherche également à consolider sa crédibilité sur les marchés internationaux.
Au-delà des enjeux économiques, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté sur les ressources minières. En orientant une partie des volumes non exploités vers une réserve stratégique, la RDC se dote d’un levier supplémentaire pour influencer les dynamiques du marché mondial du cobalt.



