RDC : le Centre Carter soutient l’audit minier lancé par Félix Tshisekedi 

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Le Centre Carter a salué l’annonce du président Félix Tshisekedi concernant l’audit du secteur minier en République démocratique du Congo, estimant qu’il s’agit d’une opportunité majeure pour renforcer la gouvernance et la transparence dans un domaine stratégique pour l’économie nationale. Cette décision intervient dans un contexte marqué par de nombreuses critiques sur la gestion des revenus miniers, les pratiques fiscales opaques et les pertes financières subies par l’État congolais au fil des années.

Dans un communiqué publié à Kinshasa et Lubumbashi, le Centre Carter rappelle que le secteur extractif demeure l’un des principaux piliers de l’économie congolaise. Pourtant, malgré l’abondance des ressources naturelles, les populations continuent de faire face à des difficultés sociales importantes, notamment le manque d’infrastructures, l’accès limité aux services de base et la pauvreté persistante dans plusieurs provinces minières.

L’organisation souligne que cet audit pourrait permettre de clarifier la gestion des entreprises publiques minières, les mécanismes de rapatriement des recettes d’exportation ainsi que le contrôle des actifs miniers de l’État. Pour le Centre Carter, cette initiative constitue également une occasion de répondre aux préoccupations liées à la redevabilité dans la gestion des ressources naturelles de la RDC.

Depuis plus de quinze ans, le Centre Carter mène des recherches sur la gouvernance minière congolaise. Ses différentes études ont révélé plusieurs dysfonctionnements dans la gestion des contrats, des partenariats et des obligations fiscales des entreprises minières. En 2017, un rapport consacré à la Gécamines avait notamment révélé que plus de 750 millions de dollars de revenus n’avaient pas été retracés dans certains registres financiers liés aux partenariats de l’entreprise publique.

L’organisation affirme aussi que plusieurs mécanismes d’évitement fiscal auraient entraîné des pertes estimées à près de 4 milliards de dollars américains pour l’État congolais entre 2013 et 2024. Selon ses analyses, la faiblesse des contrôles administratifs, le manque de digitalisation des services fiscaux et la complexité des instruments de taxation constituent encore des obstacles majeurs à la maximisation des recettes minières.

Le Centre Carter insiste ainsi sur plusieurs conditions essentielles pour garantir l’efficacité de l’audit annoncé. Parmi elles figurent la transparence du processus, l’accès aux documents financiers et contractuels, l’implication de la société civile ainsi que le contrôle parlementaire des résultats de l’enquête.

Pour de nombreux observateurs économiques, cet audit pourrait représenter un tournant décisif dans la réforme du secteur minier congolais. Une meilleure gestion des revenus issus des minerais stratégiques comme le cuivre et le cobalt pourrait contribuer au financement des infrastructures publiques, à la création d’emplois et à l’amélioration des conditions de vie des populations congolaises.

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