La réforme des entreprises publiques en République démocratique du Congo revient au centre du débat économique après le récent rapport de la Banque mondiale intitulé « Du parking à la voie rapide : Réformer les entreprises publiques », publié en mars 2026. Le document dresse un constat alarmant sur la performance des sociétés d’État congolaises, devenues, selon l’institution financière, un frein majeur au développement national.Des entreprises stratégiques comme SNEL, REGIDESO, SNCC ou encore Gécamines affichent des déficits cumulés estimés à plus de 5 milliards USD. Au lieu de générer des recettes pour l’État, ces sociétés accumulent les pertes, minées par la mauvaise gouvernance, le clientélisme politique et l’absence de transparence financière.Le rapport pointe particulièrement les nominations politiques dans les directions générales. Les critères de compétence et de performance sont souvent relégués au second plan, au profit des équilibres politiques. Résultat : des entreprises peu compétitives, incapables d’assurer efficacement des services essentiels comme l’électricité, l’eau potable ou le transport ferroviaire.La faible performance de la SNEL et de la REGIDESO impacte directement la croissance économique du pays. Selon la Banque mondiale, ces dysfonctionnements réduiraient le PIB national d’environ deux points chaque année, aggravant davantage la pauvreté qui touche encore une large partie de la population congolaise.Face à cette situation, plusieurs réformes sont proposées : recrutement des dirigeants sur base de compétences, audits indépendants obligatoires, digitalisation des finances et ouverture partielle du capital via des partenariats public-privé. La modernisation de la SNEL apparaît comme une priorité stratégique pour soutenir l’industrialisation et attirer les investisseurs.Pour de nombreux observateurs, la réforme des entreprises publiques constitue désormais un test majeur de gouvernance pour les autorités congolaises.
Olivier Masini



