Le gouvernement congolais a décidé de relancer le dossier sensible des créances liées aux biens issus de la zaïrianisation de 1973. La question a été examinée lors de la 90e réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 22 mai 2026 sous la présidence du Chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Cette initiative portée par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, vise à récupérer les sommes que plusieurs acquéreurs des biens nationalisés pendant la politique de zaïrianisation n’avaient jamais totalement versées au Trésor public. Plus de cinquante ans après cette opération économique menée sous le régime de Mobutu Sese Seko, l’État congolais entend remettre de l’ordre dans un dossier longtemps considéré comme sensible et complexe.
La stratégie présentée au Conseil des ministres prévoit la mise en place d’une commission intergouvernementale chargée de coordonner les opérations de recouvrement des créances. L’objectif affiché par le gouvernement est double : renforcer la mobilisation des recettes publiques et améliorer la gouvernance du patrimoine de l’État. Cette orientation intervient dans un contexte où les autorités congolaises cherchent de nouvelles marges financières pour soutenir les dépenses publiques, les investissements et les besoins sécuritaires du pays.
Le débat autour des biens zaïrianisés a récemment refait surface au Sénat. Plusieurs élus, notamment le sénateur Célestin Vunabandi, avaient plaidé pour l’élaboration d’une stratégie nationale de recouvrement des créances liées à la zaïrianisation afin de permettre à l’État de récupérer des ressources importantes encore impayées.
La zaïrianisation, lancée en 1973, avait conduit à la nationalisation et à la redistribution de nombreuses entreprises, plantations, commerces et propriétés appartenant principalement à des étrangers. Plusieurs bénéficiaires de ces acquisitions avaient contracté des engagements financiers envers l’État sans que ceux-ci soient totalement honorés au fil des décennies.
Avec cette relance du dossier, le gouvernement congolais veut désormais accélérer le traitement des créances historiques et renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques. Cette démarche pourrait également ouvrir la voie à un audit plus large des engagements financiers hérités des anciennes politiques économiques du Zaïre.



