À moins de trente mois de la fin constitutionnelle de l’actuelle législature, la plateforme Agir pour des Élections Transparentes et Apaisées (AETA) tire la sonnette d’alarme sur les défis politiques, sécuritaires et institutionnels qui pèsent sur l’avenir démocratique de la République démocratique du Congo. Après une analyse technique approfondie et rigoureuse, les experts de l’AETA ont mené de réflexions sur les principaux enjeux politiques de l’heure, notamment l’organisation des élections générales de 2028, l’insécurité persistante dans l’Est du pays, les débats autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle ainsi que la situation socio-économique nationale permettant à la plateforme de la société civile spécialisée dans les questions électorales de donner sa position ce mercredi 10 juin 2026, à Kinshasa. Selon Patrick Cibangu, Président du Conseil d’administration de l’AETA, la RDC dispose encore d’une marge de manœuvre pour consolider ses acquis démocratiques à condition de privilégier les consultations.
« Face aux turbulences socio-économiques de l’heure, à moins de trente mois de la fin constitutionnelle de la législature actuelle, il est possible de consolider la démocratie en RDC en privilégiant des consultations », a-t-il déclaré.
L’organisation recommande ainsi au Président de la République d’engager des consultations ouvertes réunissant la majorité au pouvoir, l’opposition non armée, les autorités traditionnelles et la société civile afin de rechercher un consensus national sur les grandes questions politiques.Concernant les élections de 2028, l’AETA présente trois hypothèses : maintenir le calendrier électoral conformément aux délais constitutionnels, reporter les scrutins jusqu’à l’amélioration de la situation sécuritaire ou organiser les élections tout en mettant en place des mécanismes d’adaptation dans les zones affectées par les conflits.
Sur la question sensible de la Constitution, Patrick Cibangu a indiqué que l’organisation privilégie le maintien du cadre constitutionnel actuel tout en évoquant la possibilité d’une révision ciblée de certaines dispositions ou, le cas échéant, l’adoption d’une nouvelle Constitution dans un cadre consensuel.
Parmi ses recommandations, l’AETA appelle le Chef de l’État à garantir des réformes électorales et constitutionnelles non partisanes, inclusives et transparentes. La plateforme exhorte également la CENI à renforcer la fiabilité du fichier électoral et le gouvernement à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.Pour l’AETA, seule une approche concertée permettra de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions et de consolider durablement la démocratie congolaise.
Olivier Masini



