Une année et quatre mois après la publication, le 4 avril 2025, de la feuille de route du processus électoral 2025-2029 par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la tenue des élections prévues en 2028 semble de plus en plus incertaine. À moins de dix-sept mois de ses élections générales, certains experts en la matière commencent à s’interroger sur la capacité de la CENI à respecter sa feuille de route. Les contraintes de temps, de financement et de sécurité alimentent les inquiétudes des observateurs du processus électoral en République démocratique du Congo.
« Cette feuille de route constitue notre boussole pour les années à venir, un outil de planification rigoureuse et un gage d’engagement de la CENI à remplir sa mission avec loyauté, dans le respect de la Constitution, des lois de la République et des standards internationaux”, déclarait Denis Kadima Kazadi, Président de la Centrale électorale.

Interrogé par Tsieleka.com, un expert en matière électorale qui a requis l’anonymat estime que le calendrier actuel est désormais difficile à tenir.
« En principe la feuille de route de la CENI est déjà tombée caduque parce nous sommes à moins de 17 mois ça devient quasiment impossible en terme de temps pour faire un travail de qualité, la cartographie, l’enrôlement des électeurs, la commande des machines, toute la planification devient compliqué », déplore-t-il.
Selon cet expert, la principale difficulté réside également dans le financement des opérations électorales. Malgré les efforts de la centrale électorale, les ressources nécessaires tardent à être mobilisées. Il pointe du doigt « les moyens financiers, l’argent ne suit pas malgré la bonne volonté de la centrale électorale », une situation qui risque d’affecter l’exécution des différentes étapes du processus.
À ces défis financiers s’ajoute un contexte sécuritaire préoccupant. L’expert rappelle que plusieurs zones du pays restent confrontées à l’insécurité, compliquant la cartographie électorale, l’enrôlement des électeurs et le déploiement du matériel.
« L’expert alerte sur la contrainte sécuritaire bloque déjà le pays est fractionné et avec l’idée du dialogue nous allons vers glissement et c glissement sera politique ou technique », s’interroge-t-il.
À mesure que l’échéance électorale approche, la CENI devra relever ces défis majeurs afin de préserver la crédibilité et la transparence du processus électoral de 2028.
Olivier Masini



