Sctp: l’IGF constate l’absence des pièces appuyant l’utilisation de 30 millions $ obtenus auprès de Afriland Bank

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C’est un document de 54 pages qui  dresse un rapport alarmant sur la gestion  de la société congolaise de transport et port (Sctp) que Tsieleka vient de consulter. L’audit de l’inspection des finances (Igf) relève l’absence  d’une interconnexion ou d’un système d’informations intégrée entre les comptabilités autonomes des départements opérationnels et la comptabilité centrale du siège à Kinshasa.  

Ce dysfonctionnement a comme conséquence le retard dans la centralisation des informations financières et dans la production des états financiers.

Les inspecteurs relèvent aussi l’impossibilité d’obtenir à partir de la comptabilité les historiques des créances et dettes, des clients, fournisseurs, personnel, IPR (Impôt professionnel sur les rémunération), TVA (Taxe sur la valeur ajoutée), DGI (direction générale des Impôts), DGRAD (Direction générale des recettes administratives et domaniales), locataire, organisme sociaux  CNSS (caisse nationale de sécurité sociale), INPP (Institut national de préparation professionnelle), ONEM.

Le rapport soulève également la non tenue à jour du grand livre des comptes des emprunts contractés auprès des banques et autres tiers avec comme conséquence l’impossibilité dès lors de connaître à partir de la comptabilité le montant des engagements financiers de la Sctp et de justifier le solde restant dû. C’est le cas par exemple du solde de l’emprunt de 30 000 000 USD contracté en 2018 auprès de AFRILAND BANK dans le cadre du plan de sortie de crise et que la SCTP continue à rembourser jusqu’à ce jour.

“Il ressort de l’examen des classeurs de la caisse mis à notre disposition que  les bons à payer des dépenses par caisse ne sont pas appuyés par des pièces justificatives. Il en de même pour les dépenses effectuées par voie bancaires, pour lesquelles aucun justificatif existe au niveau de la comptabilité en appuie aux extraits bancaires », affirment les enquêteurs. Ils pointent donc la responsabilité du PCA José Makila et du DG Mbaya pour n’avoir pas mis en place un circuit permettant de retracer les informations financières.

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Par conséquent, la trésorerie de la SCTP procède au paiement par caisse à l’aide des “bons à payer” des avantages constitutifs des éléments de rémunération imposables à l’IPR, sans que l’information ne soit préalablement captée par la direction des ressources humaines pour intégration dans la base imposable. 

“Ces montants payés par la caisse échappent donc à l’IPR et risquent encore d’être payés lors de la paie normale du mois, nonobstant la lettre de la direction suspendant le paiement de tous ces avantages par bons à payer soustraction de Recours généralisé et injustifié aux marchés de gré à gré en violation de la loi n 10/010 du 27 avril 2010”, précisent les inspecteurs des finances.

Tsieleka.com

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