RDC-l’an 2 de Tshisekedi : le pays a enregistré 16 scandales financiers de l’ordre de 6 milliards USD, placés dans les tiroirs

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Depuis son accession à la magistrature suprême, le 24 janvier 2019, le Président de la République Félix Tshisekedi a inscrit la lutte contre la corruption, comme l’une de ses priorités. Lors de ses déplacements à l’étranger comme à l’intérieur, Félix Tshisekedi n’a cessé de d’arranger les partenaires extérieurs par sa volonté de lutter contre la corruption. 

Je combattrai, avec la dernière énergie, la corruption, le détournement des deniers publics, le tribalisme, le népotisme, la concussion, le clientélisme, l’incivisme et j’en passe. Le respect des droits humains et libertés fondamentales sera assuré”, a-t-il dit le 13 mai 2019, devant les gouverneurs et vice-gouverneurs, à l’occasion du 1er séminaire de mise en train de nouveaux gouverneurs élus et leurs adjoints. 

Deux ans après, les scandales financiers sont multiples. Tsieleka.com revient sur les 16 dossiers de corruption abandonnés ou esquiver l’administration Tshisekedi, évalués à 6milliards USD.

1) Corruption des Grands électeurs : le pays a assisté au monnayage des suffrages, lors des élections sénatoriales, des gouverneurs et vice-gouverneurs. Une voix d’un électeur était accordée en échange de 25.000 USD soit 50.000 dollars américains. La même dénonciation a été faite lors de traitement des recours des législatives à la Cour Constitutionnelle. Certaines victimes avaient porté plainte devant la cour de cassation. Jusqu’à ces jours, le dossier est classé sans suite.

2) Dépassement budgétaire de la Présidence de la République : selon le rapport de la reddition des comptes, la Présidence de la République a utilisé en 2019, à plus de 1000% des fonds lui attribués par le Parlement, autorité budgétaire. Selon la loi relative aux finances publiques, le dépassement budgétaire constitue une « faute de gestion » .

3) Marché de gré à gré : la passation des marchés publics a été caractérisée par le recours au gré à gré. Le montant total est d’environ 2 milliards USD effectués dans le cadre du programme 100 jours pour 21 projets.

4) Affaire 15 millions USD : Un rapport d’audit de l’Inspection Générale des Finances (IGF) effectué auprès des sociétés pétrolières (Total RDC, SEP Congo, Cobil SA, SPA COBIL SA, SOCIR, ENGEN DRC, GNPP), de Rawbank et BGFibank, de la Direction Générale des Impôts, de la Direction Générale des Douanes et accises a fait mention de détournement de 15 millions USD de bonus de l’Etat. Ce montant, qui revenait à l’Etat, a été prélevé sur une créance de 100 millions USD à rembourser, par le trésor public aux sociétés pétrolières, pour compenser le manque à gagner résultant du gel des prix des produits pétroliers par le Gouvernement.  Trois personnalités ont été citées dans l’affaire, le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Georges Yamba Ngoie, Conseiller chargé des questions financières et des produits stratégiques au Cabinet du Ministre de l’Economie Nationale et Célestin TWITE YAMWEMBO, Secrétaire Général à l’Economie Nationale. Le rapport a été envoyé en date du 31 juillet à la cour de cassation.

5) Affaire 650 millions USD :  Lors de l’ouverture d’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2020, le député national élu de Moba, Christian Mwando a dénoncé le détournement d’une somme de 650 millions de dollars américains par le Gouvernement Bruno Tshibala. En se référant au rapport de la reddition des comptes 2018, il a dénoncé l’achat des fournitures, des matériels de bureau qui ont été payés à 247 millions USD, l’exécution de 44 projets à hauteur de 467 000 000 USD, sans ouverture des crédits. Face à cette situation, la cour compte demander des sanctions. Cependant, la loi portant reddition a été votée au Parlement, sans donner réponse aux recommandations de la Cour des comptes.

6) Affaire 200 millions d’euros : La Gécamines dit avoir obtenu un prêt de 128 millions d’euros de la société Ventora, en 2017. Pour non-paiement de la créance, le Tribunal de paix de Lubumbashi l’a condamné en novembre 2019, à payer de 200 millions d’euros au titre de dommage et intérêt. Plusieurs voix se sont levées pour qualifier l’affaire de montage visant à soutirer 250 millions USD, obtenus de KCC après signature du contrat de cession d’actifs. La Gécamines dit avoir interjeté appel et ACAJ qualifie l’affaire de blanchiment de capitaux, invite la Cour de cassation à poursuivre les enquêtes.

7) Des fictifs découverts dans le fichier de la paie des agents de l’Etat : Le 14 septembre 2019, le président du Comité de suivi de la paie, Jean Louis Kayembe wa Kayembe a indiqué avoir identifié du fichier de la paie des agents de l’Etat un effectif de 5 823 comptes bancaires fictifs, dont l’impact financier est de 6,18 millions USD. 4.516 agents devraient bénéficier d’un moratoire dont la durée devrait être déterminée au cas par cas, sans toutefois dépasser 3 mois. Jusque-là, le pays est sans nouvelle, pas de sanction non plus. 

8) Détournement de 55 millions USD à la SCTP (ex-ONATRA) : disparition miraculeuse des 55 millions perçus par la SCTP pour le compte de la redevance logistique et terrestre. Montant destiné à la réhabilitation des voies ferroviaires de la SCTP Sarl au courant de l’année 2018. La révélation a été faite par La Ligue congolaise contre la corruption (LICOCO) qui a tiré la sonnette d’alarme, le 11 mars 2019. Elle a recommandé des sanctions à l’endroit des personnes qui ont gérées les fonds de la RLT car des soupçons de détournements des fonds sont établis.

9) Décret de l’ex Premier Ministre Bruno Tshibala accordant les avantages élogieux aux membres du Gouvernement : Un décret du Premier Ministre, Bruno TSHIBALA, signé le 24 novembre 2018 détermine les avantages et devoirs reconnus aux anciens membres du Gouvernement. Dans son volet financier, le décret fixe l’indemnité mensuelle des anciens premiers Ministres à 30 % des émoluments du Premier Ministre en fonction, une indemnité de logement à 5 000 USD, des titres de voyage, une garde sécuritaire composée de 2 à 3 policiers, la prise en charges des soins médicaux, un passeport diplomatique, etc. Le budget global de l’ensemble des avantages prévus dans ce décret coûterait 28,8 millions de dollars américains par an soit 2,4 millions USD par mois pour le Trésor public. Plusieurs personnalités, dont les parlementaires, la société civile ont sollicité son abrogation sans y parvenir.

9) Affaire détournement de 1 million USD : Dieudonné Lobo, coordonnateur chargé d’administration du chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, avec quelques collaborateurs du Président de la République, ont été mis aux arrêts et transférés à la prison centrale de Makala à Kinshasa. Ils ont été accusés d’avoir un contrat d’étude avec la compagnie Saint Louis BGM Sarl à la Miba au nom du chef de l’Etat, en détournant un montant de plus au moins 1 million de dollars américains. Cette arrestation a été rendue possible, suite à la lettre du 26 octobre dernier du gouvernement Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Dieudonné Lobo et ses compagnons ne sont plus en prison, actuellement libres de leurs mouvements.

10) Affaire 12 millions USD à l’assemblée nationale :  Le bureau d’âge a demandé 12 millions USD pour l’organisation de la session extraordinaire. Lorsque le bureau de Jeanine Mabunda avait utilisé 6 millions USD, soit la moitié du montant.

11) 17 transactions de la Gécamines : La Coalition pour la gouvernance des entreprises Publiques du secteur extractif (COGEP) a révélé en janvier 2020, l’existence de 17 transactions d’environ 1,3 milliards USD de la Gécamines, effectuées de 2010 à 2018. Des opérations, qualifiées d’opaques par les ONG.

12) Les Royalties de Metalkol : Le contrat indique que la Gécamines devrait toucher 55 millions USD comme prix de cession, une somme qu’elle avait camouflé comme des avances sur les royalties dans le rapport ITIE 2017. La Gécamines n’a pu fournir des preuves qu’elle a reçu les 55 millions USD et encore moins les 83 millions USD que Gertler

13) 100 millions USD d’avance sur impôts payés par une société minière en 2015 :la Direction général des Impôts (DGI) a perçu 100 millions USD des avances fiscales auprès de la société Mutanda Mining (MUMI) en  2015. L’ancien Ministre des finances Henri Yav, cité dans la même affaire, n’a jamais été inquiété. l’ancien  Directeur général de la Direction général des Impôts (DGI) Dieudonné Lokadi, placé en détention provisoire. Aujourd’hui, personne ne parle du dossier.

14) Affaire Transco: l’absence de traçabilité  des recettes de la société d’environ 9 millions USD, des cotisations sociales,  opacité des marchés publics,… selon un rapport de l’Observatoire de la dépense publique.

15)  Plus de 30 tonnes d’or, d’une valeur de 1,5 milliards USD quittent clandestinement le pays, chaque année, sans être certifiées par le Centre d’expertise et d’évaluation des Substance précieuses et semi-précieuses (CEEC). Selon un mémorandum des travailleurs de ce service public, dont copie est parvenu à Tsieleka.com, ce manque à gagner serait lié à l’opacité organisée par la direction de service public. A cela s’ajoute, l’absence d’un laboratoire approprié pour assurer la traçabilité d’Or artisanal.

16) Affaire Vodacom:  deux agents de la direction générale des Impôts,  MM. Walende Radjabu et Delphin Iyonda ont falsifié des dossiers de comptabilité pour plusieurs entreprises, dont Kibali Gold Mine (KGM) et la Société d’exploitation de Kipoi (SEK).  Au niveau de la société Vodacom Congo le manque à gagner a été évalué à 100 millions USD.

Tsieleka.com

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