RDC: Vers un accord commercial avec Mercosur

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La République démocratique du Congo (RDC) franchit une nouvelle étape diplomatique majeure. En août 2025, une délégation gouvernementale de haut niveau s’est rendue à Montevideo, en Uruguay, où elle a été reçue par le président Urugayen Yamandú Orsi. Objectif principal poser les jalons d’un accord commercial avec le Mercosur, la puissante zone de libre-échange sud-américaine. Ce développement intervient au moment où Kinshasa cherche à diversifier ses débouchés et à renforcer ses partenariats économiques à l’échelle internationale.

Le 6 août 2025, une mission conjointe comprenant le Vice‑Premier Ministre et Ministre de la Défense, Guy Kabombo Mwadianvita ; la Ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Vagner ; la Ministre de l’Environnement, Eve Bazaiba ; le Ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya ; et la Ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, a été accueillie à Montevideo. Lors de cette visite stratégique, un message du président Félix Tshisekedi a été transmis à son homologue uruguayen  .

Immédiatement après, la Ministre Kayikwamba Vagner et son collègue uruguayen Mario Lubetkin ont signé un accord cadre de coopération. Cet accord ouvre la voie à des accords sectoriels concrets, notamment dans les domaines de la défense et de la culture, déjà matérialisés par des signatures bilatérales : Guy Kabombo Mwadianvita avec Sandra Lazo en défense, et Yolande Elebe avec Gabriela Verde pour la culture.

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a annoncé la signature prochaine d’un accord commercial entre la RDC et le Mercosur, l’équivalent africain de la ZLECAF. Selon ses déclarations, cet accord s’inscrit dans une politique de diversification des marchés et repose sur un partenariat avec Uruguay XXI, l’agence uruguayenne de promotion des investissements et des exportations.

Un accord stratégique a été conclu entre Paluku et Martin Mercado, Directeur exécutif adjoint d’Uruguay XXI. À court terme, l’Agence nationale pour la promotion des exportations (ANAPEX) bénéficiera du soutien technique d’Uruguay XXI, avec l’envoi prochain d’une équipe d’experts congolais à Montevideo. Ce volet de diplomatie commerciale souligne la volonté de la RDC de monter en compétences dans la promotion et l’exportation de ses produits.

Le Mercosur, ou Marché commun du Sud, réunit l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay — et depuis 2023, la Bolivie (mais non intégrée à tous les accords)  . Créé en 1991 par le traité d’Asunción, ce bloc représente aujourd’hui 82,3 % du PIB de l’Amérique du Sud, devenant l’une des zones économiques les plus dynamiques de l’hémisphère Sud  .

À l’instar de la ZLECAF en Afrique, le Mercosur vise la libre circulation des biens, des services et des capitaux entre ses États membres. En décembre 2024, le Mercosur a conclu un accord politique historique avec l’Union européenne, marquant l’aboutissement de plus de 25 ans de négociations  .

Pour la RDC, s’inscrire dans cette dynamique sud-américaine ouvre des perspectives majeures : accès à de nouveaux marchés, échanges bilatéraux intensifiés, et insertion dans une chaîne logistique transcontinentale.

Le futur accord commercial avec le Mercosur vise à stimuler les exportations congolaises vers des économies en forte croissance. Cela offre la possibilité de réduire la dépendance vis-à-vis de marchés traditionnels, notamment européens ou africains, en s’ouvrant à une zone émergente avec un potentiel de consommation élevé.

Le partenariat avec Uruguay XXI et l’appui à l’ANAPEX soulignent une approche structurée : mise en place de bonnes pratiques, formation d’experts, et accompagnement technique en promotion d’exportations. Cela renforce l’infrastructure commerciale de la RDC.

L’accord cadre signé à Montevideo incarne un nouveau modèle de diplomatie conjointe entre institutions publiques, secteur privé et agences de promotion des investissements. Les secteurs comme la culture, la défense et le commerce participent désormais à une stratégie intégrée.

Conformité aux normes : comme l’ont illustré les tensions entre l’UE et le Mercosur vis-à-vis des normes environnementales et sanitaires  , la RDC devra s’assurer du respect de standards équivalents pour accéder au marché Mercosur.
Compétition interne : à l’instar du débat européen autour de quotas agricoles et concurrence déloyale, la RDC devra bien cibler ses secteurs d’exportation pour ne pas être confrontée à des barrières commerciales ou normatives. Ratification et contenu final du texte : bien que l’accord cadre soit signé, la version définitive du texte commercial devra être négociée en détail, avec des délais possibles avant entrée en application.

La signature imminente d’un accord commercial entre la RDC et le Mercosur, impulsée lors de la visite de la délégation congolaise du 6 août 2025 à Montevideo, marque un tournant stratégique pour Kinshasa. Cet accord incarne une étape dans la diversification des partenariats économiques, l’intégration dans les dynamiques sud-américaines et le renforcement institutionnel en matière de commerce international.

Pour les jeunes entrepreneurs, acteurs du secteur privé, institutions publiques et ONG congolais, l’opportunité est réelle : nouveaux services à développer, échanges culturels et échanges commerciaux à intensifier, tout en renforçant les standards de qualité et de durabilité.

En attendant la signature finale de l’accord commercial sectoriel, la RDC devra consolider ses capacités, anticiper les normes et préparer ses opérateurs à une concurrence internationale accrue et exigeante. L’avenir s’ouvre désormais vers l’hémisphère sud, et la RDC amorce un véritable tournant diplomatique et économique prometteur.

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