RDC: l’ODEP alerte sur une justice à double vitesse qui menace la démocratie congolaise

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L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) tire la sonnette d’alarme face aux dérives observées dans le procès de Constant Mutamba Tungunga, ancien ministre d’État, accusé de détournement de fonds publics. Selon le communiqué N°030 publié le 26 août 2025, cette affaire met en lumière des pratiques qui, loin de consolider l’État de droit, fragilisent dangereusement le processus démocratique congolais.

D’abord, la violation du principe de présomption d’innocence, avec une présentation publique de l’accusé comme coupable avant tout jugement définitif. Ensuite, des irrégularités de procédure dans la saisine et l’instruction du dossier, qui soulèvent des doutes sur la légalité même des poursuites. À cela s’ajoute une justice perçue comme sélective et politisée, avec un traitement rapide et rigoureux pour Mutamba, alors que d’autres dossiers de détournements dorment encore dans les tiroirs. Enfin, l’ODEP pointe un manque criant de transparence, qui alimente les suspicions d’un procès orienté.

Ces dérives, cumulées, pourraient créer un dangereux précédent pour la justice congolaise.

« Une justice qui contourne ses propres règles affaiblit son autorité morale et son impartialité », avertit Florimond Muteba Tshitenge, président du Conseil d’administration de l’ODEP.

Cette situation risque d’installer dans l’opinion publique l’idée que la justice n’est plus un outil de vérité, mais un instrument de règlement politique.

L’organisation appelle donc les autorités judiciaires à garantir un procès équitable, transparent et conforme aux normes internationales, tout en préservant l’indépendance totale de la justice. Sans cela, la confiance des citoyens envers les institutions de l’État pourrait être profondément ébranlée, compromettant ainsi les  efforts de consolidation de la démocratie en RDC.

Les conséquences d’une telle dérive ne se limitent pas au cas Mutamba : elles menacent à terme la stabilité politique et l’image internationale du pays, déjà fragilisée par les critiques sur le manque d’indépendance des institutions. Restaurer la transparence et le respect des droits fondamentaux apparaît désormais comme une urgence pour préserver les acquis démocratiques et renforcer l’État de droit.

 Olivier Masini 

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