Stabilité provinciale en RDC : les députés impatients face aux retards et au manque d’investissements locaux

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La crise institutionnelle qui secoue plusieurs provinces de la République démocratique du Congo reste un défi majeur pour la stabilité du pays. Reçue à la Primature, une délégation des présidents des assemblées provinciales a exposé à la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka l’ampleur des difficultés rencontrées, notamment l’instabilité politique, le manque de moyens financiers et les retards prolongés dans le paiement de leurs salaires.

Au-delà de la question institutionnelle, le cœur des frustrations exprimées concerne l’absence d’investissements structurants dans les provinces. Selon les élus provinciaux, de nombreuses entités vivent dans l’attente, voire dans l’usure, faute de ressources concrètes permettant d’assurer les services essentiels et de répondre aux besoins des populations. Cette absence d’impact visible alimente la méfiance envers les gouvernements provinciaux et fragilise le lien entre administrés et institutions.

« Nous sommes impatients parce que les réalités sur le terrain sont difficiles. Sept mois sans salaire, ce n’est pas seulement un problème de gestion publique, c’est une atteinte à la dignité et à la crédibilité des élus face à leurs bases », a insisté Mateus Kanga, Président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo.

 Pour de nombreux députés, l’insuffisance d’investissements publics au niveau local empêche la concrétisation des politiques publiques promises, aggravant les tensions entre exécutifs provinciaux et législatifs.

La Première Ministre, attentive aux préoccupations exprimées, a réaffirmé la détermination du Chef de l’État à garantir la stabilité des institutions. Elle a toutefois appelé les élus provinciaux à exercer leur contrôle parlementaire avec responsabilité, rappelant que le pays est engagé dans un contexte sécuritaire particulièrement délicat à l’Est.

Pour renforcer la gouvernance locale, Judith Suminwa a insisté sur la nécessité d’un suivi coordonné des investissements publics impliquant les Assemblées provinciales, l’Inspection générale des finances et la Cour des comptes. Elle a par ailleurs promis d’accélérer la résolution de la question des arriérés de salaires, qualifiée de prioritaire.

Cette rencontre marque un signal d’apaisement, mais aussi un tournant : les provinces attendent désormais des actes concrets pour atténuer les frustrations et restaurer la confiance institutionnelle à l’échelle du territoire national. 

Olivier Masini 

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