La République Démocratique du Congo (RDC) confirme sa montée en puissance dans l’industrie mondiale des métaux stratégiques avec l’ouverture officielle de la nouvelle fonderie de cuivre du groupe Ivanhoe Mines à Kamoa‑Kakula. D’un coût total de 700 millions de dollars, cette infrastructure de transformation locale devient la plus grande fonderie de cuivre sur le continent africain, marquant une étape historique dans la valorisation des ressources minières congolaises.
Lancé dans un contexte où la transformation locale des minerais est devenue un enjeu économique majeur pour la RDC, le projet d’Ivanhoe Mines vise à réduire la dépendance aux exportations de concentré brut. Jusqu’à récemment, la majeure partie du cuivre extrait à Kamoa‑Kakula, une des mines de cuivre les plus productives au monde, était envoyée à l’étranger pour être affinée.
Avec cette nouvelle fonderie, la RDC franchit un cap décisif dans l’industrialisation de son secteur minier. L’usine est conçue pour traiter jusqu’à 500 000 tonnes de concentré de cuivre par an, produisant des anodes de cuivre d’une pureté de 99,7%. Cette qualité est conforme aux standards internationaux, ce qui renforce la compétitivité du cuivre congolais sur les marchés globaux.
Outre la production d’anodes, la fonderie produira également jusqu’à 700 000 tonnes d’acide sulfurique par an, un sous‑produit indispensable à l’industrie minière. Cette capacité constitue une réponse directe à la demande croissante du marché régional, notamment après que la Zambie voisine a interdit les exportations d’acide sulfurique, intensifiant ainsi le besoin local et régional.
L’annonce de la mise en service de la fonderie intervient à un moment où le marché international du cuivre est particulièrement tendu, avec des cours avoisinant les 13 000 dollars la tonne. Dans ce contexte, la production estimée entre 380 000 et 420 000 tonnes de cuivre pour l’année 2026 place la RDC parmi les principaux contributeurs à l’offre mondiale.
La transformation locale et l’intégration de la chaîne de valeur du cuivre contribuent également à stabiliser les flux commerciaux et à réduire la vulnérabilité du pays face aux variations des prix internationaux.
Pour assurer le succès commercial de cette nouvelle capacité industrielle, Ivanhoe Mines a sécurisé des contrats de vente à long terme avec plusieurs acteurs majeurs du secteur, dont CITIC Metal, Zijin Mining et Trafigura. Ces accords garantissent non seulement un débouché stable pour la production congolaise, mais renforcent aussi les liens économiques entre la RDC et des puissances industrielles mondiales.
L’inauguration de cette fonderie symbolise un tournant pour la RDC dans la transformation de ses ressources naturelles. Alors que le pays était souvent perçu comme un simple producteur de matières premières, cette nouvelle infrastructure industrielle témoigne de sa capacité à intégrer des segments à plus forte valeur ajoutée.
Pour les jeunes entrepreneurs, le secteur privé congolais et les investisseurs internationaux, cette avancée est un signal fort, la RDC est en train de devenir une plaque tournante de l’industrie minière africaine, prête à jouer un rôle déterminant dans la transition énergétique mondiale grâce à ses métaux essentiels.



