RDC : bras de fer autour des archives minières coloniales entre une start-up américaine et le musée AfricaMuseum de Belgique

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Un différend oppose actuellement la société minière américaine KoBold Metals, soutenue par les milliardaires Jeff Bezos et Bill Gates, au musée AfricaMuseum de Tervuren, en Belgique, autour de la numérisation d’archives historiques liées aux ressources minières de la République démocratique du Congo.

Ces archives, conservées sur près de 500 mètres d’étagères, contiennent des millions de documents datant de l’époque coloniale belge. Elles retracent notamment la cartographie et l’exploitation des richesses minérales du Congo, notamment le cuivre, le cobalt et d’autres minerais stratégiques.

La start-up KoBold Metals affirme avoir proposé d’apporter un soutien technique et financier pour numériser ces documents et les rendre immédiatement accessibles au public. Selon Benjamin Katabuka, directeur général de KoBold Metals en RDC, l’objectif est clair : faciliter l’accès aux données géologiques afin d’encourager davantage d’investissements dans l’exploration minière.

« Le pays a besoin de plus d’investissements dans l’exploration et cela passe par la mise à disposition des données géologiques », a-t-il déclaré.

Cependant, le projet se heurte au refus du musée AfricaMuseum et des autorités belges. Le directeur du musée, Bart Ouvry, estime que la gestion de ces collections publiques ne peut être confiée à une entreprise privée. Selon lui, cela irait à l’encontre des principes scientifiques et institutionnels qui régissent la conservation des archives.

Le musée explique déjà travailler sur un programme de numérisation en partenariat avec le Service géologique national de la RDC, dans un projet financé par l’Union européenne. Ce programme devrait s’étendre sur environ cinq ans, avec un accès aux données prévu à la fois en Belgique et en RDC.

Du côté belge, les autorités rappellent que ces archives constituent un bien public, et qu’il n’est pas possible d’accorder un accès exclusif à une entreprise étrangère sans cadre contractuel officiel.

Cette controverse intervient dans un contexte de compétition mondiale croissante pour les minerais stratégiques. La RDC, riche en lithium, cobalt, cuivre et coltan, reste l’un des territoires les plus convoités pour l’approvisionnement en matières premières nécessaires aux batteries, à l’électronique et aux technologies de défense.

Selon le ministère congolais des Mines, près de 90 % du potentiel minier du pays reste encore inexploité, ce qui alimente l’intérêt croissant des investisseurs internationaux.

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