L’entreprise américaine KoBold Metals intensifie sa présence en République démocratique du Congo (RDC). Soutenue par des investisseurs de poids comme Bill Gates et Jeff Bezos, la société californienne multiplie les permis et les acquisitions de carrés miniers dans le Grand Katanga afin d’identifier de nouveaux gisements stratégiques de cuivre et de nickel. Cette stratégie s’inscrit dans la compétition mondiale pour l’accès aux métaux critiques nécessaires à la transition énergétique.
KoBold Metals se distingue par une approche technologique innovante. L’entreprise utilise l’intelligence artificielle et l’analyse de données géologiques pour localiser des gisements de minerais stratégiques, notamment le cuivre, le cobalt, le nickel ou encore le lithium. Cette méthode combine images satellites, données géoscientifiques et modélisation du sous-sol afin d’identifier plus rapidement les zones à fort potentiel minier.
En RDC, l’entreprise a signé en juillet 2025 un accord stratégique avec le gouvernement congolais pour lancer un programme d’exploration minière à grande échelle. L’objectif est d’attirer davantage d’investissements américains dans le secteur minier congolais et de renforcer la présence occidentale dans une industrie largement dominée par les groupes asiatiques.
Dans ce cadre, KoBold Metals a obtenu plusieurs permis de recherche couvrant de vastes zones minières dans le sud-est du pays. Les premières licences accordées couvrent environ 1 600 km², notamment dans les territoires de Manono (Tanganyika) et Malemba Nkulu (Haut-Lomami), des régions connues pour leur potentiel en minerais stratégiques.
L’expansion de KoBold Metals vise particulièrement la région du Grand Katanga, qui regroupe notamment les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga. Cette zone constitue l’un des bassins miniers les plus riches au monde, avec d’importantes réserves de cuivre, cobalt, uranium et autres métaux stratégiques exploités depuis plus d’un siècle.
La société américaine souhaite y identifier de nouveaux gisements de cuivre et de nickel, deux métaux essentiels pour la fabrication de batteries, de véhicules électriques et d’infrastructures énergétiques. La demande mondiale pour ces ressources devrait fortement augmenter dans les prochaines décennies, portée par la transition énergétique et la croissance des technologies vertes.
Selon plusieurs sources du secteur, KoBold Metals ambitionne d’étendre progressivement son portefeuille minier dans le pays en acquérant davantage de carrés miniers afin de mener des programmes d’exploration intensifs.
L’arrivée d’un nouvel acteur américain dans le secteur minier congolais pourrait renforcer la diversification des partenaires économiques de la RDC. Kinshasa espère attirer de nouveaux capitaux, développer l’exploration minière et valoriser un potentiel encore largement inexploité.
Selon le Cadastre minier, seulement une partie des ressources du sous-sol congolais est aujourd’hui exploitée, ce qui laisse entrevoir d’importantes opportunités pour les investisseurs internationaux.
Toutefois, cette expansion suscite aussi des interrogations sur la gouvernance du secteur, la transparence des contrats et les retombées économiques pour les populations locales. Plusieurs observateurs rappellent que les nouveaux projets miniers devront garantir des investissements durables, la création d’emplois et le respect des normes environnementales.
Dans ce contexte, l’offensive de KoBold Metals dans le Grand Katanga illustre l’intérêt croissant des puissances économiques pour les ressources stratégiques de la RDC, au moment où le pays cherche à renforcer sa place dans la chaîne mondiale des minerais critiques.



