L’entreprise Alphamin Resources confirme sa montée en puissance sur le marché mondial de l’étain. Cotée à la Bourse de Toronto et à Johannesburg (JSE), la société a annoncé des résultats trimestriels historiques, portés par une production accrue et des prix favorables des matières premières. Une performance qui illustre le potentiel stratégique du secteur minier en République démocratique du Congo, notamment pour les investisseurs et les acteurs économiques locaux.
Pour le trimestre clôturé le 31 mars, Alphamin a enregistré un EBITDA record de 158 millions de dollars, soit une hausse de 46 % par rapport à la période précédente. La production d’étain a atteint 5 026 tonnes, avec des ventes quasi équivalentes à 5 016 tonnes. Cette dynamique a permis à l’entreprise de générer une trésorerie solide, avec une augmentation de 128 millions de dollars de ses liquidités nettes.
Dans la foulée, la société a annoncé un dividende final de 0,13 dollar canadien par action, payable le 5 juin. Ce choix traduit une volonté claire de récompenser les actionnaires tout en maintenant une capacité d’investissement pour soutenir la croissance future. « Nous continuons de générer des flux de trésorerie robustes grâce à une production constante et à un marché de l’étain résilient », a indiqué l’entreprise dans sa communication officielle.
Au cœur de cette performance se trouvent les mines de Mpama Nord et Mpama Sud, situées dans la province du Nord-Kivu. La mine de Mpama Nord, en exploitation depuis 2019, est considérée comme le gisement d’étain à la plus haute teneur au monde, avec environ 4,5 %, soit près de quatre fois la moyenne mondiale. De son côté, Mpama Sud, entrée en production en 2024, affiche une teneur d’environ 2 %, la plaçant parmi les plus riches à l’échelle internationale.
L’intégration de Mpama Sud a permis d’augmenter significativement la production annuelle, passée d’environ 12 500 tonnes à près de 20 000 tonnes en 2025. Cette montée en régime s’accompagne d’économies d’échelle, réduisant les coûts fixes et renforçant la compétitivité de l’entreprise. Alphamin affiche ainsi un coût global de maintien (AISC) d’environ 17 000 dollars par tonne, bien en dessous des prix du marché de l’étain, qui ont oscillé entre 30 000 et 57 000 dollars au cours de l’année écoulée.
Sur le plan commercial, la société a sécurisé un accord d’écoulement de quatre ans avec Gerald Metals, couvrant l’intégralité de sa production à des prix indexés sur le marché. Ce partenariat permet de réduire les risques liés à la commercialisation et d’assurer une meilleure visibilité sur les revenus futurs.
Au-delà des performances financières, ces արդյունats mettent en lumière l’importance croissante de l’étain dans les chaînes de valeur technologiques mondiales. Utilisé dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle, les véhicules électriques et les réseaux 5G, ce métal stratégique bénéficie d’une demande en forte progression. Pour la RDC, cela représente une opportunité majeure de diversification économique et de création de valeur locale.
Cependant, les retombées pour l’économie congolaise dépendront de la capacité à renforcer les liens entre le secteur minier et le tissu économique national. La transformation locale, l’emploi des compétences nationales et la redistribution des revenus restent des enjeux clés. Dans ce contexte, les performances d’Alphamin constituent à la fois un signal positif et un rappel des défis structurels à relever pour maximiser l’impact du secteur extractif sur le développement du pays.



