L’organisation de la société civile AFREWATCH condamne l’arrestation et la détention jugées arbitraires de 11 membres de la communauté délocalisée de Kabombwa, interpellés le 1er mai 2026 à Fungurume. Selon l’organisation, ces habitants ont été arrêtés sans convocation préalable et en pleine journée fériée, dans un contexte marqué par des tensions autour de la délocalisation liée aux activités minières de Tenke Fungurume Mining, filiale du groupe CMOC.
Dans son communiqué, AFREWATCH estime que ces arrestations traduisent une volonté d’intimidation des communautés affectées par la pollution provoquée par l’usine à chaux de TFM. L’ONG rappelle que plusieurs familles avaient été déplacées après des plaintes sur les conséquences environnementales et sanitaires des activités industrielles dans la zone.
Trois ans après cette délocalisation, l’organisation affirme que plusieurs engagements pris par l’entreprise restent non respectés, notamment la restauration des moyens de subsistance des ménages déplacés ainsi que la prise en charge médicale des populations exposées à la pollution.
AFREWATCH dénonce également des conditions de détention préoccupantes au cachot du parquet de Fungurume. L’organisation évoque des traitements inhumains et une privation des droits fondamentaux des personnes arrêtées. Elle critique en outre “le recours à la force plutôt qu’au dialogue” ainsi que “l’instrumentalisation des forces de l’ordre” dans la gestion du conflit communautaire.
L’ONG exige la libération immédiate et sans condition des 11 détenus et appelle au respect de l’Annexe XVIII du Règlement minier congolais relative aux droits des communautés affectées par les projets miniers.
Olivier Masini



