Le Président de la République Félix Tshisekedi a affirmé, lors de la conférence de presse organisée le 6 mai 2026, que les salaires des fonctionnaires avaient été triplés depuis son accession au pouvoir, tandis que ceux des militaires et policiers auraient été quadruplés. Une déclaration forte qui illustre la volonté des autorités d’améliorer les conditions sociales des agents publics et de renforcer leur pouvoir d’achat dans un contexte économique difficile.
Mais derrière cette annonce se cache une problématique plus profonde celui de la place de l’État dans la gestion du chômage en République démocratique du Congo.
Depuis plusieurs années, la fonction publique est devenue pour une grande partie de la population un principal espoir d’insertion professionnelle. Chaque vague de mécanisation ou de recrutement administratif suscite un immense engouement, notamment chez les jeunes diplômés confrontés à un marché de l’emploi extrêmement limité.
Pourtant, de nombreux économistes rappellent qu’un État ne peut durablement jouer le rôle de principal employeur d’un pays de plus de 100 millions d’habitants. Sa mission première consiste plutôt à créer un environnement favorable à la production, à l’investissement et au développement du secteur privé.
Le risque, selon plusieurs analystes, est de voir la masse salariale publique augmenter plus rapidement que les capacités financières réelles de l’État. Dans ce cas, une part importante des ressources nationales est absorbée par les dépenses de fonctionnement au détriment des investissements stratégiques comme les routes, l’énergie, l’agriculture, la santé ou encore l’industrialisation.
Cette situation soulève également la question de la soutenabilité budgétaire. Augmenter les salaires constitue une réponse sociale importante face à l’inflation et à la baisse du pouvoir d’achat. Mais sans croissance économique suffisamment forte, ces charges peuvent exercer une pression durable sur les finances publiques.
Pour plusieurs observateurs, la véritable solution au chômage en RDC ne viendra pas uniquement des recrutements dans l’administration publique. Elle dépendra surtout de la capacité du pays à développer une économie productive capable de créer massivement des emplois.
L’industrialisation, la transformation locale des minerais, l’agro-industrie, les PME et le numérique apparaissent aujourd’hui comme les secteurs clés pour absorber une jeunesse de plus en plus nombreuse.
Le véritable défi pour la RDC reste celui de passer d’une économie centrée sur les recrutements administratifs à une économie fondée sur la production, l’investissement et la création de richesse.



