Le gouvernement congolais accélère sa stratégie de congolisation de l’économie. Réuni en Conseil des ministres lors de sa 89e session du 15 mai 2026, l’exécutif a adopté trois textes majeurs portés par le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo. Ces nouvelles réformes visent à renforcer le contenu local, protéger les entreprises congolaises face à la concurrence étrangère et soutenir l’entrepreneuriat féminin en RDC.
Le premier texte adopté concerne la création du Comité de Pilotage du projet TRANSFORME-RDC, un programme dédié à l’autonomisation des femmes entrepreneures et à la modernisation des petites et moyennes entreprises. Ce dispositif établit un cadre institutionnel chargé du suivi, de la coordination et de la mise en œuvre du projet. À travers cette initiative, le gouvernement veut améliorer l’accès des femmes au financement, renforcer les capacités entrepreneuriales et favoriser la création d’emplois dans un contexte marqué par un chômage élevé des jeunes et des femmes.
Le deuxième texte adopté par le Conseil des ministres modifie la loi de 2017 sur la sous-traitance dans le secteur privé. Désormais, les règles de la sous-traitance s’appliqueront à tous les secteurs de l’économie nationale, sans exception. Cette réforme renforce également les prérogatives de l’Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le Secteur Privé (ARSP), devenue un acteur clé dans la défense des intérêts économiques nationaux. Le gouvernement veut ainsi garantir un meilleur accès des entreprises congolaises aux marchés dominés depuis plusieurs années par des sociétés étrangères.
La troisième réforme porte sur le contenu local, devenu un enjeu stratégique pour les autorités congolaises. Le nouveau projet de loi vise à augmenter la participation des entreprises congolaises dans les chaînes de valeur nationales, notamment dans les secteurs minier, énergétique, industriel et des services. Le texte prévoit de promouvoir l’utilisation des biens et services locaux, le recours à la main-d’œuvre congolaise ainsi que le transfert des technologies et des capitaux au profit des nationaux.
À travers ces trois réformes, le gouvernement de Félix Tshisekedi affiche clairement sa volonté de construire une économie plus inclusive et davantage contrôlée par les Congolais. Pour plusieurs observateurs, cette nouvelle orientation économique traduit une volonté politique de réduire la dépendance extérieure et de renforcer la souveraineté économique de la RDC.



