Le climat politique se tend au Sénégal après les tensions grandissantes entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye. Alors que le tandem incarnait l’espoir d’une « rupture » souverainiste et panafricaine après l’élection présidentielle de 2024, des signaux de fracture alimentent désormais les inquiétudes au sein des mouvements citoyens africains.Dans une déclaration publiée ce 25 mai 2026 depuis Kinshasa, l’Observatoire de la Dépense Publique (Odep) dénonce ce qu’il considère comme une remise en cause du projet politique porté par le Pastef.
Son président, Florimond Muteba Tshitenga, évoque même « un coup de l’impérialisme occidental opposé à la deuxième indépendance de notre continent » et appelle « à la vigilance de toutes les forces progressistes du continent ».
Au cœur des tensions : des divergences sur la gouvernance, la gestion des affaires d’État et l’orientation idéologique du pouvoir. Dans le document relayé par l’Odep, l’intellectuel sénégalais Diagne Fodé Roland estime que les différends entre les deux hommes concernent notamment « la reddition des crimes financiers », les « caisses noires » et les relations avec les puissances occidentales. L’Odep redoute surtout un affaiblissement du camp souverainiste sénégalais, au moment où Dakar engage des réformes sensibles autour des contrats miniers, pétroliers et des relations avec la CEDEAO. L’organisation congolaise craint qu’une division interne ne profite aux réseaux néocoloniaux dénoncés par plusieurs mouvements panafricains. Pour plusieurs observateurs, cette crise pourrait fragiliser l’élan politique né de l’alternance au Sénégal. Entre ambitions personnelles, pression internationale et attentes populaires, le duo Sonko-Faye traverse sa première grande zone de turbulence.
Olivier Masini



