RDC : les sociétés minières demandent un report de l’obligation de céder 5 % de leur capital aux travailleurs congolais

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Les sociétés minières opérant en République démocratique du Congo sollicitent un report de l’application de la mesure gouvernementale les obligeant à céder 5 % de leur capital à leurs employés congolais. À l’approche de l’échéance fixée au 31 juillet 2026, les entreprises du secteur demandent davantage de temps pour clarifier les modalités de mise en œuvre, tandis que les syndicats réclament son application immédiate.

Cette disposition, réaffirmée par une circulaire du ministère des Mines datée du 30 janvier 2026, vise à renforcer la participation des travailleurs congolais aux bénéfices générés par l’exploitation des ressources minières nationales. Les entreprises concernées doivent non seulement attribuer cette participation de 5 %, mais également fournir la preuve de leur conformité aux autorités compétentes.

Cependant, selon plusieurs sources du secteur minier, aucune société n’a encore appliqué cette mesure. Cette situation alimente les tensions entre les compagnies minières et les organisations syndicales, qui accusent les opérateurs de retarder volontairement son exécution.

La Chambre des Mines de la RDC estime que plusieurs questions juridiques et techniques demeurent sans réponse. Parmi les préoccupations soulevées figurent notamment la détermination de l’origine des actions à céder aux travailleurs, ainsi que l’application éventuelle de cette obligation aux entreprises déjà établies depuis plusieurs années.

Le sujet a été au centre d’une réunion organisée le 11 juin dernier entre la Chambre des Mines et plusieurs grands groupes internationaux actifs en RDC, notamment Ivanhoe Mines, Glencore, CMOC et Eurasian Resources Group (ERG). Selon des sources proches du dossier, les entreprises minières ont convenu de coordonner leur position et de solliciter officiellement un moratoire auprès des autorités afin de permettre des consultations plus approfondies avec l’ensemble des parties prenantes.

Les opérateurs du secteur affirment soutenir le principe d’une plus grande participation des travailleurs congolais, mais estiment que le cadre réglementaire doit être davantage clarifié avant toute mise en œuvre.

Du côté des syndicats, le ton est beaucoup plus ferme. Les représentants des travailleurs rappellent que cette disposition découle de la volonté du gouvernement de garantir une meilleure redistribution des richesses générées par l’exploitation minière.

Selon certains responsables syndicaux, plusieurs entreprises avaient déjà mis en place des mécanismes permettant aux travailleurs de bénéficier indirectement d’environ 3 % des revenus via des fonds dédiés. Toutefois, la gestion de ces fonds aurait souvent manqué de transparence, poussant les autorités à renforcer les exigences en portant cette participation à 5 % du capital.

Le ministère des Mines doit rencontrer les organisations syndicales afin de fournir des éclaircissements supplémentaires sur les modalités d’application de cette mesure.

Cette réforme intervient dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à accroître les retombées économiques locales de leurs ressources naturelles. Premier producteur mondial de cobalt et deuxième producteur africain de cuivre, la RDC entend ainsi renforcer la participation de ses citoyens dans un secteur largement dominé par les investissements étrangers.

L’issue des discussions entre le gouvernement, les entreprises minières et les syndicats sera déterminante pour l’avenir de cette réforme, qui pourrait redéfinir les relations entre les travailleurs et les sociétés minières opérant sur le territoire national.

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