Alors que la République Démocratique du Congo fait face à une explosion sans précédent de cas de Mpox (variole du singe), le ministre de la Santé, Roger Kamba, a signé ce lundi 4 août, un projet de réponse d’urgence d’un montant de 4,2 millions de dollars américains, financé par le gouvernement japonais en partenariat avec l’UNICEF.
Ce projet d’envergure nationale, officiellement lancé à Kinshasa, marque une étape majeure dans la lutte contre cette épidémie meurtrière, qui menace particulièrement les enfants et les populations vulnérables.
Le plan d’action s’articule autour de plusieurs piliers essentiels :
Prise en charge médicale d’au moins 200 cas confirmés, en ciblant prioritairement les populations les plus à risque.
Vaccination de 250 000 personnes contacts grâce à une logistique de distribution renforcée, incluant la chaîne du froid.
Soutien nutritionnel pour plus de 3 700 enfants souffrant de malnutrition aiguë, dont la vulnérabilité est accrue en situation d’épidémie.
Renforcement des infrastructures de prévention et de contrôle des infections dans 12 zones de santé stratégiques du pays.
Selon John Agbor, représentant de l’UNICEF en RDC, ce partenariat illustre la solidarité internationale face à une urgence sanitaire grave :
« Ce partenariat tripartite avec le Japon et le Gouvernement congolais est porteur d’espoir. Il permettra de briser les chaînes de transmission de la Mpox, de sauver des vies et de renforcer la résilience des communautés, en particulier des enfants. »
Du côté du Japon, le soutien ne faiblit pas. L’ambassadeur Ogawa Hidetoshi a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur du renforcement du système de santé congolais :
« Après la remise récente de vaccins et d’aiguilles bifurquées, le Japon réitère son soutien actif à la RDC. Nous devons répondre de manière rapide, concertée et efficace à l’épidémie de Mpox, aux côtés du Gouvernement, des partenaires internationaux et des communautés locales. »
La situation sanitaire est extrêmement préoccupante. D’après les statistiques officielles du ministère de la Santé :
Entre la semaine 1 de 2024 et la semaine 26 de 2025, la RDC a enregistré 96 128 cas suspects, dont 8 525 cas confirmés en laboratoire.
1 877 décès ont été enregistrés, ce qui représente un taux de létalité de 1,95 %, dépassant largement le seuil d’alerte fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le virus s’est propagé à 26 des 27 provinces du pays, démontrant une diffusion quasi nationale de la maladie.
La co-circulation des clades 1a et 1b du virus souligne la complexité et la persistance de la transmission en RDC.
Cette dynamique inquiétante exige des réponses urgentes et coordonnées, avec une mobilisation maximale des ressources nationales et internationales.
Vers une résilience sanitaire durable
En plus de la réponse immédiate, le projet prévoit également des actions de sensibilisation communautaire, de formation des agents de santé et de renforcement du système de surveillance épidémiologique. Le but est non seulement de stopper l’épidémie actuelle, mais aussi de mieux préparer le pays face aux futures crises sanitaires.
La signature de ce projet de 4,2 millions USD n’est donc pas un simple acte administratif : c’est un signal fort de l’engagement du gouvernement congolais, du Japon et de l’UNICEF à protéger les vies humaines, en particulier celles des enfants, qui paient un lourd tribut dans cette crise.
Olivier Masini



