L’emploi demeure l’un des défis majeurs de la République Démocratique du Congo (RDC). Lors de sa campagne électorale de décembre 2023, le Président Félix Tshisekedi avait pris un engagement fort : créer 6,4 millions d’emplois entre 2024 et 2028. Dans le même élan, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, avait précisé un objectif annuel de 1,5 million d’emplois pour les Congolais. Mais un an après, la réalité du terrain contraste avec l’ambition affichée.
Le programme présidentiel reposait sur trois piliers : la formalisation des petites unités économiques, la création d’emplois par les chantiers d’infrastructures et l’assainissement urbain, ainsi que le développement agricole et des services. Ces engagements avaient suscité un grand espoir, notamment chez la jeunesse, qui constitue plus de 60 % de la population.
Cependant, selon plusieurs observateurs et opposants, l’impact reste faible. Les chiffres officiels manquent, mais le chômage, surtout en milieu urbain, demeure alarmant. La majorité des Congolais survivent grâce à l’économie informelle, sans accès à une véritable sécurité sociale.
Une promesse politique face aux réalités économiques
Le gouvernement justifie ce retard par des contraintes budgétaires, la persistance de l’insécurité dans l’Est, et la dépendance excessive aux matières premières. Malgré quelques projets lancés, notamment dans les infrastructures et l’agriculture, le rythme de création d’emplois formels reste en deçà des attentes.
Pour atteindre les 6 millions d’emplois d’ici 2028, la RDC devrait générer plus d’un million de postes par an, un défi colossal dans un pays où le secteur privé est encore fragile et l’environnement des affaires peu attractif.
Quelles solutions pour relever le pari ?
Les experts proposent plusieurs pistes pour rendre cette promesse crédible :
1. Stimuler l’investissement privé, en réduisant la fiscalité excessive et en sécurisant les opérateurs économiques.
2. Accélérer la diversification économique, notamment en transformant localement les ressources minières et agricoles.
3. Investir massivement dans l’agriculture, capable d’absorber une grande main-d’œuvre et de lutter contre la pauvreté.
4. Miser sur l’entrepreneuriat des jeunes, avec des crédits d’amorçage et un accompagnement technique.
5. Renforcer la formation professionnelle, afin d’adapter les compétences des Congolais aux besoins réels du marché.
La création de 6 millions d’emplois reste l’une des promesses phares de Félix Tshisekedi. Pourtant, un an après son engagement, les résultats concrets peinent à convaincre. Pour ne pas transformer ce projet en simple slogan politique, le gouvernement doit passer à une mise en œuvre rapide, transparente et adaptée aux réalités du pays. L’avenir de millions de jeunes Congolais en dépend.