La République démocratique du Congo franchit un nouveau cap dans sa stratégie de diplomatie économique. À Abidjan, la RDC est devenue le premier pays à signer le nouvel Accord international sur le cacao (AIC) 2026 au siège de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), un acte qui renforce sa position sur l’échiquier mondial de cette filière stratégique.L’annonce a été faite ce 2 juin 2026 par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, qui a salué une avancée majeure pour l’économie congolaise. Signé sous l’égide de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), l’Accord international sur le cacao entrera en vigueur le 1er octobre 2026 avec deux objectifs centraux : garantir un revenu vital aux producteurs et promouvoir une production durable fondée sur la traçabilité et le principe de zéro déforestation.Cette adhésion place désormais la RDC au sein d’un cercle stratégique regroupant 51 États, dont les principaux pays exportateurs et importateurs de cacao au monde. Au-delà de sa portée commerciale, cette signature traduit une volonté affirmée de renforcer l’influence économique du pays dans les négociations internationales sur les matières premières agricoles.La montée en puissance de la filière cacao congolaise conforte cette ambition. Selon les chiffres relayés par Julien Paluku, la production nationale est passée de 41 000 tonnes en 2021 à près de 100 000 tonnes en 2025. Une progression remarquable qui positionne progressivement la RDC parmi les acteurs incontournables du secteur en Afrique.Face aux leaders historiques que sont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun, la RDC entend désormais faire valoir son potentiel agricole et ses vastes terres cultivables. Les autorités congolaises affichent même l’objectif de hisser le pays parmi les trois plus grands producteurs mondiaux de cacao d’ici 2030.Cette percée diplomatique et économique marque une nouvelle étape dans la diversification de l’économie congolaise. Pour Kinshasa, le cacao n’est plus seulement une culture d’exportation : il devient un levier d’influence, de création de richesse et de rayonnement international.
Olivier Masini



