Corridor de Lobito : 642 millions d’euros mobilisés pour relancer le transport minier régional

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Le consortium Lobito Atlantic Railway, piloté par Trafigura, Mota-Engil et Vecturis, vient de sécuriser 642 millions d’euros pour renforcer l’infrastructure ferroviaire du corridor de Lobito, reliant la RDC, la Zambie et l’Angola. Cette annonce marque une étape clé pour ce projet stratégique, dans un contexte où les doutes persistent sur la viabilité commerciale et la gouvernance régionale de ce corridor minier transfrontalier.

Le corridor de Lobito s’inscrit dans une longue histoire ferroviaire. Jadis ligne vitale pour l’exportation minière depuis le cœur du continent vers le port de Lobito, le chemin de fer de Benguela, construit au début du XXe siècle, a connu une interruption prolongée à cause du conflit angolais. Sa réhabilitation depuis les années 2000 a débouché en 2022 sur une concession de 30 ans à un consortium privé, avec la promesse de moderniser et d’exploiter l’axe ferroviaire.

Sur le terrain, les progrès restent inégaux. En RDC, la dynamique est plus concrète, notamment avec des accords d’exportation conclus autour de la mine de Kamoa-Kakula. Un test logistique réalisé en 2023 indique un transit de seulement huit jours jusqu’au port de Lobito, un gain de temps appréciable par rapport aux routes vers Dar es-Salaam ou Beira. En Zambie, en revanche, le projet est encore au stade de planification. Les grands opérateurs miniers zambiens privilégient toujours les corridors établis vers l’océan Indien.

Le financement de 642 millions d’euros, dont les modalités détaillées restent à confirmer, doit permettre de renforcer la capacité opérationnelle entre Lobito et Luau, la portion angolaise du corridor. Il s’agit d’un levier pour attirer davantage de flux miniers congolais et zambiens, tout en améliorant la fiabilité logistique.

Pour atteindre sa pleine efficacité, le corridor devra surmonter plusieurs défis : coordination transfrontalière entre trois États, clarification des coûts logistiques, et modernisation des infrastructures portuaires et intermodales. La gouvernance reste floue, faute d’une autorité tripartite formelle reconnue.

Face à une concurrence accrue, notamment avec le corridor TAZARA soutenu par la Chine (1,4 milliard de dollars) et le corridor de Nacala appuyé par le Japon (7 milliards de dollars), Lobito devra prouver sa compétitivité.

Au-delà du transport de minerais, les pays traversés misent sur Lobito pour stimuler des chaînes de valeur locales, dans l’agriculture, l’énergie ou la logistique industrielle. Mais ces ambitions dépendront de la capacité à convertir les annonces en investissements concrets, visibles sur le terrain.

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